Vito Ippolito, Président de la FIM : '' Ce n'est pas le contact en lui-même qui est important, c'est la volonté manifestée''
DiversVito Ippolito, Président de la FIM : '' Ce n'est pas le contact en lui-même qui est important, c'est la volonté manifestée'' Si le règlement n'a pas changé, son application en cas de contact semble avoir évolué. Nous avons profité de la présence de Vito Ippolito à Misano pour le Superbike pour lui demander son point de vue sur la question. Au niveau des contacts dans la course moto, le règlement est resté le même, mais il semble que maintenant son application soit un peu différente. On cherche moins de contacts ?

"Je pense que notre sport n'est pas un sport de contact, mais le contact est quelque chose qui peut très souvent se produire. Il faut d'abord juger si le contact est volontaire. Il faut voir s'il est volontaire avec pour but de porter préjudice à l'adversaire. Ce n'est pas le contact en lui-même qui est important, c'est la volonté manifestée. Parfois, le contact a lieu car le coureur a pris plus de risques que nécessaire et c'est une situation difficile à juger car il est évident que ce n'est pas volontaire, mais que le coureur a pris trop de risques. 

Votre père Andres a fait courir Johnny Cecotto, vous-mêmes avez engagé Carlos Lavado, Loris Capirossi a été champion du monde en faisant tomber Tetsuya Harada (sans pénalité), la situation a-t-elle changé au niveau de l'esprit du règlement ?

"L'esprit du règlement n'a pas changé, mais notre sport est chaque jour plus visible, plus médiatique. Nous en sommes très contents, mais en contrepartie l'aspect négatif est que les petits problèmes sont magnifiés. Il est normal de demander à un coureur d'avoir une conduite propre, par contre, si tu veux lui demander de rester calme, il faut mieux rester chez toi ! 

Les décisions de Paul Butler et de la Direction de Course MotoGP sont très rapides, vraiment très rapides. Il n'y a donc pas de possibilité de faire appel pendant la course, ce qui est pourtant un droit inaliénable. Est-ce un problème pour vous ?

"Il est important de prendre la décision avec rapidité. Il y a beaucoup de moyens techniques pour vérifier. La possibilité d'appel n'existe pas pour les faits évidents, comme par exemple un départ anticipé filmé par une ou plusieurs caméras. Ce genre de cas peut aussi se produire en course, si un pilote coupe la piste. 

Dans le règlement, les pénalités ne sont pas très claires. Prenons le cas de Johan Zarco à Barcelone. Il pousse un peu Terol et est pénalisé de 20 secondes. Si le troisième est loin (à plus de 20 secondes), Zarco termine deuxième. S'il y a juste derrière lui un groupe important en bagarre, il peut finir 18e. N'y a-t-il donc pas un problème au niveau de la précision des pénalités ?

"Cette expérience est importante car elle nous donne l'opportunité de réfléchir concernant l'application des règlements. Et peut-être que cet aspect du règlement mérite d'être revu. Parfois, tu constates qu'une partie de règlement ne s'adapte pas aux circonstances. Le cas de Zarco et Terol était très spécifique car il s'agissait des derniers 100 mètres de course. 

Avec cette pénalité de 20 secondes, il se retrouve 6e… par hasard !

"Oui, mais les 20 secondes sont prévues dans le règlement quand il n'y a pas la possibilité de "ride through". Et en fin de course, il est impossible de faire autrement." 

Photo : Vito Ippolito (FIM)