Sylvain Guintoli :''J'ai été catapulté dans l'air''
Sylvain Guintoli :''J'ai été catapulté dans l'air'' Après des tests puis des essais très satisfaisants à Phillip Island, Sylvain partait confiant en première manche. Hélas, un embrayage déficient au départ puis une grosse chute mettaient rapidement fin à ses espoirs. Il nous raconte ici ses spectaculaires péripéties. 
"Je suis tombé en rentrant dans le dernier virage à gauche, celui où on monte tous les rapports après être sorti de l'épingle. Juste avant de plonger dans le virage, j'étais en train de forcer pour revenir et je suis monté un peu sur le vibreur. Mais il avait plu la nuit d'avant et j'ai perdu l'arrière.

"J'ai fait un high side à fond de 4 et je suis tombé vite. Ça a décroché d'un coup et j'ai été catapulté dans l'air. Je m'en suis collé une bonne !

"Ils m'ont fait des radios au centre médical du circuit. J'avais mal partout et, comme il y avait d'autres blessures à soigner, ils m'ont transféré à l'hôpital où j'ai passé d'autres radios et où ils m'ont recousu."

Tu as pu reprendre l'avion très rapidement finalement ?

"Oui, l'hôpital était sur la route de Melbourne et mon vol à 3 heures du matin. Le directeur sportif de mon équipe et le préparateur physique sont venus avec moi à l'hôpital, l'un avec moi dans l'ambulance, l'autre en passant par l'hôtel pour faire mon sac. Ensuite ils m'ont déposé, recousu et sans fracture, à l'aéroport où j'ai pris mon avion directement à 3 heures du mat."

Ça ne s'annonçait pas très confortable pour un vol qui dure 23 heures…

"Non, pas vraiment ! (rire) Mais à l'hôpital ils m'avaient donné de la morphine l'après-midi, et pour le voyage j'ai eu droit aux bonnes tablettes magiques qui vont bien. Dans l'avion j'étais explosé, j'ai dormi tout le long, j'étais à moitié dans le gaz. Impeccable !"

Et maintenant, comment te sens-tu ?

"Ça va mieux, j'ai commencé à remarcher hier (ndlr : mercredi). Le problème, c'est que j'ai la cheville gauche, le genou droit, la jambe droite, les deux coudes et l'épaule droite abimés, donc je ne peux pas m'appuyer sur les béquilles. Je commence à bleuir, à devenir violet, c'est bon signe quand c'est comme ça. J'espère que je vais bientôt pourvoir bouger la main un peu plus, comme ça je pourrai jouer à la PlayStation."

Au-delà de ce crash et en tenant compte de l'ensemble de la semaine, quel est ton bilan d'ensemble ?

"Ce qui est important, c'est qu'entre les deux jours de test et le week-end, ma pire position a été la troisième en Superpole. Ça, c'est très bien. Je me suis fait plaisir sur la moto. On a montré que le team était compétitif et les motos bonnes. En course je faisais podium, c'était sûr et certain."

Au départ, que s'est-il passé ?

"Je ne sais pas, justement on est en train de regarder avec mon team. J'ai pris mon départ normalement. Depuis que je suis monté sur cette moto, à chaque fois que je fais des simulations de départ, je pars super bien. Là, je suis resté complètement scotché. L'embrayage a collé, ça prenait des tours mais ça n'avançait pas. On va regarder. C'est dommage, sinon ça faisait deux belles courses. 

"Ce qui est important, c'est que par miracle il n'y a pas de fracture. D'autre part, j'ai encore pas mal de temps avant Donington pour me remettre comme il faut et récupérer."

L'avantage pour Sylvain à Donington, ce sera la durée du voyage. Pour Phillip Island, il fallait plus d'une vingtaine d'heures. Le week-end du 27 mars, pour aller à Donington, il ne lui faudra parcourir qu'une vingtaine de… kilomètres !

Photo : Sylvain à Phillip Island (image Liberty Racing)