Sylvain Guintoli : ''Une bonne course et une belle saison''
Sylvain Guintoli : ''Une bonne course et une belle saison'' Deuxième de la première manche à Portimão dimanche dernier, puis cinquième de la seconde, Sylvain a réalisé un excellent week-end au Portugal. On y revient en sa compagnie.
Quand tu es parti 4e en première manche, on était déjà très contents. Puis quand tu as doublé Laverty, Melandri et Rea, on est entrés dans un autre monde. Surtout qu'il a fallu que tu doubles Melandri deux fois.

"Oui, je l'ai doublé dans le premier tour, puis il m'a repassé dans la ligne droite et Laverty aussi. Ensuite, j'ai redoublé tout ce beau monde au bout de la ligne droite. Après,  je me suis calé avec Rea et je l'ai passé au tour suivant. J'ai fait un début de course tonique ! Quand j'ai été devant, j'ai essayé de forcer pour faire le break et surtout rester bien régulier et ne pas faire d'erreur.

Ton avance maxi a été de 1.9 à la fin du 14e tour, puis Checa est revenu ensuite. Comment ça s'est passé ?

"C'était bien. J'avais réussi à les passer et à faire le break. Ensuite Checa est passé à l'action. J'avais le pneu soft, lui avait le dur. Sur la fin de course, je connaissais l'écart grâce à mon panneautage. Il me reprenait 2 à 4 dixièmes au tour. Il remontait petit à petit, mais je ne pouvais rien faire. Il y avait deux tours de trop… Mais ça a été une belle course.

Tout à fait. A l'arrière, tu utilisais le Pirelli "A", nouveau pour Portimão, et plus tendre que le "B" déjà vu à Magny-Cours, et Checa avait ce même "B" moyen ?

"Non, Carlos dans la première course avait le "C", presque le plus dur, et moi le A. Le C a été utilisé en deuxième manche par Melandri, Laverty et Rea, alors que Carlos et moi étions en A. C'est positif qu'il y ait différents types de gommes qui fonctionnent bien.

Dans l'ensemble, tu es content de ta saison ?

"Oui, j'en suis content. J'étais parti très vite - même un peu trop - puis j'ai bien redressé la barre en revenant après mes grosses blessures. Lors des dernières courses, j'ai été constant, j'ai marqué des gros points et montré que je pouvais être un régulier dans le top 5. Non seulement j'ai fait mon premier podium cette année, mais j'en ai même fait trois. Donc oui, je suis content. Ça aurait été bien d'accrocher ma première victoire pour la dernière course, mais ça reste une belle saison.

En 2012, Liberty Racing Ducati, Suzuki, ou autre ?

"Comme un peu tout le monde, j'ai eu un week-end sinon chaotique, du moins bien animé dans le domaine des transferts. Il y a eu les chaises musicales, surtout avec l'histoire de Checa, avec la dernière BMW, avec Ducati, et même avec Suzuki qui est rentré dans la danse. A la fin du week-end, on s'est remis à table avec mon équipe dimanche après la course. On s'est mis d'accord et on continue ensemble l'année prochaine. 

A des conditions plus intéressantes pour toi, je suppose ?

"Oui, ils ont fait un bel effort. Moi, de mon côté, je leur ai montré que je n'avais pas peur de rouler vite, pas peur de me faire mal. Même pas mal (rire) quand il faut serrer les dents. Je leur ai montré que j'avais envie et que je pouvais aller vite sur cette moto. Eux ils m'ont donné cette année un package technique qui permet d'aller sur les podiums. Après ce week-end de Portimão, c'est un choix logique : la moto me plait et je n'ai pas arrêté de progresser avec. Mon équipe me plait aussi, donc on continue ensemble.

Dernière question, un peu humoristique : Avec ton chauffeur-assistant Bruno Vecchioni, vous aviez mis spécialement de l'ordre dans ton motorhome car ta femme Caroline venait à Portimão le week-end dernier. Elle a apprécié votre sens du rangement ?

"Et ben non, pas trop... C'était assez marrant parce qu'avant qu'elle arrive on avait tout rangé. Bruno avait passé les pneus au silicone pour qu'ils brillent, le motorhome était un espèce de diamant que je voyais scintiller de l'autre bout du paddock ! Et en fait quand elle est montée dans le motorhome, le premier truc qu'elle a dit, c'est "C'est le bordel là-dedans !" Elle a commencé à ranger et à faire la poussière avant que je lui dise d'arrêter, qu'on venait de passer deux heures à tout faire propre. En fait, ça doit vouloir dire que quand elle n'est pas là, ça doit vraiment être le massacre ! Mais nous ça va, ça nous plait bien."

Photos © PSP Stan Perec

Sylvain Guintoli et Bruno Vecchioni, façon Don Quichotte et Sancho Panza