Sylvain Guintoli : ''C'est dans l'adversité qu'on s'améliore''
Sylvain Guintoli : ''C'est dans l'adversité qu'on s'améliore'' A Donington, Sylvain a beaucoup donné ces derniers jours. Blessé à Phillip Island, puis victime de plusieurs diagnostics inexacts, le pilote de la Ducati Liberty Racing a vécu un dimanche difficile, mais s'en est bien sorti, avec courage.  Comment s'est passé ce week-end, ça n'a pas eu l'air facile…

"Non, pas facile du tout, en fait. Je suis allé au circuit le jeudi et on y a fait des radios de contrôle. On a découvert que la main était cassée. J'ai essayé de rouler le vendredi, mais j'avais un mal de chien ! En fait, j'ai très peu roulé pendant les essais. J'ai fait des séries de deux tours, maximum trois tours. J'avais aussi surtout très mal à ma cheville gauche

"On m'a refait des radios et ils m'ont dit qu'ils ne voyaient rien. Mais j'avais vraiment hyper mal et samedi soir il était question de plier, d'arrêter. Je n'arrivais pas à rouler. Finalement, j'ai réussi à faire les deux courses."

Je pense que ça n'a pas été facile de terminer les deux manches…

"Surtout la première. Je n'ai pas mal roulé au début, mais franchement je n'étais pas au mieux du tout. Donc lundi je suis retourné faire des checks (vérifications) parce qu'il n'est pas normal qu'après un mois j'ai mal comme ça. On a constaté une double fracture à la main, dont une qui est assez vilaine, en "V" sur le métatarse. Donc fractures de la main, mais aussi quand on a vérifié la cheville, il y avait une fracture de la malléole."

Et ils ne s'en sont rendu compte ni en Australie, ni le jeudi en Angleterre ?

"Non. Ils n'ont rien vu. Ça explique pourquoi j'avais mal. J'ai passé un IRM parce que je pensais que la douleur était causée par un problème à un ligament ou quelque chose de similaire. Ils m'ont confirmé qu'il y avait aussi une blessure au ligament, mais qu'il y avait une fracture tout le long de la malléole. Et comme j'ignorais qu'il y avait une fracture, pendant un mois je ne l'ai pas immobilisée et elle n'a pas consolidé. Ça n'a même pas commencé à guérir, (puis, ironique) rouler avec une fracture fraiche, impeccable !" 

Comment vois-tu les choses pour Assen, qui aura lieu dans 18 jours ?

"Maintenant que je suis au courant, je vais mettre une attelle. Il faut que j'y aille tranquille pour que ça se ressoude. Il y avait la possibilité de faire une opération tout de suite, mais ça aurait compromis Assen. Donc après avoir roulé aux Pays-Bas, si ça ne consolide toujours pas, il faudra que je me fasse opérer. 

"La main va de mieux en mieux. J'ai eu beaucoup de chance que ça n'ait pas bougé, car j'ignorais que c'était cassé. Le chirurgien ici m'a dit que ça n'avait pas bougé du tout et je devrais donc me remettre de mieux en mieux. Pour la cheville, la malléole n'a pas bougé non plus, donc il faut que je reste tranquille et que je la laisse ressouder. Ce sera la PlayStation les pieds en l'air !"

D'ici Assen, pour la soudure, ça risque d'être un peu court, ce sera plutôt bon pour Monza ?

"Ça dépend comment ça va prendre. Maintenant je me soigne… pour autre chose que des bleus ! Jusqu'à présent, c'était le cas. Maintenant, ce n'est plus pareil, j'ai un traitement pour recalcifier les os cassés."

Quitte à rouler avec une botte spéciale à Assen ?

"Ce qui m'a surtout fait mal à Donington, c'est qu'on utilise des bottes qui nous tiennent la cheville et là la botte appuyait fortement sur la malléole. Quand tu pilotes une Superbike qui se tortille et que ça appuie sur un os cassé, c'est pas terrible. Tu aurais vu la tronche que j'avais à la fin de la première course…

Oui, j'ai vu une photo, quand tes mécanos te portent à moitié…

"J'étais complètement fumé ! Au final, ça n'a pas été un week-end facile. Aux essais j'ai rouloté, mais en course quand il faut s'appuyer 23 tours d'affilée, c'est moins drôle. Mais bon, deux onzièmes places, ça fait un peu des points."

J'ai été très étonné que tu termines les deux courses.

"Moi aussi ! Franchement, moi aussi. Mais c'est comme ça. C'est dans l'adversité qu'on s'améliore, n'est ce pas ?"

Photo : Sylvain et son équipe gardent le moral (© Liberty Racing)