SBK : Paolo Ciabatti, directeur général du championnat du monde Superbike, revient sur Monza et Biaggi.
NEWSSBK : Paolo Ciabatti, directeur général du championnat du monde Superbike, revient sur Monza et Biaggi. "Je vous prie de bien vouloir dédier quelques minutes de votre temps pour lire cette lettre, dans laquelle je voudrais expliquer les faits qui se sont déroulés à Monza durant le weekend du 8 mai. 
Tout d'abord, Monza n'est comme nul autre circuit, et le Superbike doit le partager avec un autre évènement extrêmement important qu'est la Formule1. Il n'est ainsi tout simplement pas possible d'avoir des zones de dégagements en graviers dans les chicanes en raison de l'incompatibilité de ce type d'aménagement avec la Formule 1.

La seule exception à ceci concerne la Variante Ascari.

Comme on peut s'en douter, si un pilote manque son entrée dans Ascari et termine dans les graviers, il chute ou perd énormément de temps pour revenir en piste ; il n'est donc pas nécessaire d'adopter de mesures spéciales pour cette chicane.

La question de la première chicane (Prima Variante) et de la chicane Roggia est différente, en raison des dégagements en bitume. Ces trois dernières années, des lignes blanches ont été peintes dans ces zones de Monza. Les lignes prennent la forme d'un « tunnel » se terminant par un « chemin » d'environ un mètre de large, qui, s'il est suivi par un pilote, le force à ralentir et à revenir en piste en dehors de la trajectoire naturelle utilisée par les autres pilotes arrivant normalement.

L'homologation FIM de la piste exclue spécifiquement la présence de barrières dans la zone de dégagement de la chicane.

La Direction de Course, à laquelle je prends part avec Igor Eškinja et Giulio Bardi, a ainsi décidé pour cette raison d'inviter tous les pilotes à un briefing extraordinaire le jeudi après-midi pour expliquer à tous (ceux ayant déjà couru à Monza ainsi que ceux qui découvraient le circuit pour la première fois) la façon correcte de revenir en piste en cas d'erreur dans l'une de ces deux chicanes.

Le briefing a duré presque une heure. Il a été expliqué aux pilotes, avec l'aide de deux images géantes des chicanes sur les murs de la salle de briefing, que s'ils commettaient une erreur, la seule façon, sans aucune exception, de revenir en piste était d'utiliser le « tunnel », sans quoi une pénalité de ride-through viendrait les sanctionner. Nous avons également expliqué qu'il était interdit de gagner du temps en coupant les chicanes, aussi bien de façon chronométrée qu'au niveau des positions en course, et que lever le bras permettrait de rendre leur position au pilotes ayant été dépassés non intentionnellement.

Beaucoup de pilotes ont posé des questions spécifiques et nous avons répété plusieurs fois qu'aucun pilote ne revenant sur la piste sans respecter le chemin peint sur le tarmac n'échapperait à une punition par ride-through, ce qui constitue la seule sanction validée dans le règlement par la FIM pour ce type d'infractions.

Biaggi n'était pas présent au briefing en raison d'engagements privés, mais était représenté par le son team manager du Team Aprilia, Mr Francesco Guidotti.

Durant tout le weekend, nous avons utilisé les mêmes critères pour tous les pilotes ayant coupé les chicanes, quelle que soit la catégorie.


Ce sont les faits.
 
Je n'arriverai probablement pas à convaincre beaucoup d'entre vous, mais je vous aurai au moins expliqué aussi clairement et honnêtement que possible comment se sont déroulées les choses.
 
Je souhaite conclure sur une note personnelle. Parfois, la cohérence et la correction forcement à prendre des décisions difficiles et douloureuses dans la vie. Pour moi, Max n'est pas seulement un grand champion, il est également une personne intelligente et sensée. Il est avant tout un ami, avec qui j'ai partagé de nombreux moments, plaisants comme difficiles, sur en dehors de la piste. Je vous laisse imaginer à quel point il m'a été difficile avec les autres membres de la Direction de Course de prendre cette décision.
 
Merci pour votre attention,
Paolo Ciabatti