SBK : Louis-Dreyfus, et après ?
SBK : Louis-Dreyfus, et après ?
Robert Louis-Dreyfus (décédé le 4 juillet d’une leucémie) ne sera pas resté longtemps propriétaire du Championnat du Monde Superbike. Il avait acheté la totalité de la société FG Sport, appartenant aux frères Flammini, pour le compte de son groupe Infront en 2008. La passation de pouvoir s’était faite en novembre dernier à Portimão.
Il ne s’agissait pas d’une soudaine passion de « RLD » pour la moto, mais simplement d’un placement. Plutôt que de payer un maximum d’impôts sur les énormes gains enregistrés en vendant des droits télévision du football, Louis-Dreyfus avait préféré racheter des affaires liées à différents sports (ski, hockey, bobsleigh… et Superbike). Il ne s’agissait donc que d’un investissement opportuniste, comme il aurait acheté une compagnie aérienne au Brésil ou une fabrique de chaussures au Vietnam.
 
Infront, la société de Louis-Dreyfus, va-t-elle revendre le championnat Superbike ? Pour le savoir, il va d’abord falloir attendre de voir qui va prendre le pouvoir au niveau des héritiers. Ensuite, la direction d’Infront réussira-t-elle à prendre son autonomie par rapport aux héritiers ? Il y a énormément d’argent en jeu, donc la bataille s’annonce rude.
 
Hypothèse 1 : Infront garde le championnat
Dans ce cas, elle peut laisser le personnel actuel (ex-FG Sport) gérer seul le mondial SBK sans intervenir, comme c’était le cas avec Louis-Dreyfus. Ou alors un des héritiers peut se découvrir une passion subite pour la moto et décider de gérer lui-même le championnat.
 
Hypothèse 2 : Infront vend le championnat
Les héritiers veulent homogénéiser le portefeuille et se débarrassent de ce qui n’a rien à voir avec leur business principal, c'est-à-dire la cession de droits télé du football. L’un des gros avantages d’une vente rapide des avoirs annexes est que cela permet d’avoir un gros paquet de cash prêt à être dépensé. Mais qui achètera un championnat que Flammini a vendu 15 millions d’euros à Louis-Dreyfus ? Pas grand monde, surtout en ce moment. Il faudra donc que les héritiers vendent à perte, ou que le championnat leur reste sur les bras pour encore un bon moment.
 
Photo : Maurizio Flammini (FG Sport) et Philippe Blatter (Infront Motor Sports) lors de la passation de pouvoir le 1er novembre 2008 à Portimão au Portugal.