SBK : Beaucoup de cris chez les Italiens
SBK : Beaucoup de cris chez les Italiens Après le difficile week-end de Monza, où les spectateurs trempés n'ont eu droit qu'à une demi-course de Superbike au lieu de deux manches complètes, tout le monde semble s'agresser verbalement un Italie cette semaine.  Plutôt que de se concerter pour que ce genre de dimanche ne se reproduise pas, chacun tire plutôt à hue et à dia pour rendre l'autre responsable (et surtout pas soi-même).
 
Après que les pilotes aient décidé entre eux de ne pas prendre le départ de la deuxième manche s'il pleuvait car les pneus Pirelli pluie ne tenaient pas la distance, le manufacturier italien s'est fendu d'un communiqué assez incisif pour critiquer ces mêmes pilotes.
 
La direction de course a subi de grosses accusations, en raison en particulier du fait qu'elle ait demandé à Max Biaggi et Marco Melandri s'ils voulaient un nouveau départ après que la première manche ait été arrêtée au drapeau rouge. Les motos des deux Italiens étant cassées (l'Aprilia pour raison technique, la BMW sur chute) leurs réponses négatives étaient évidentes.
 
Puis ce fut au tour de l'équipe Effenbert Liberty Racing de critiquer les organisateurs pour ne pas avoir fait partir la deuxième course. Non seulement son pilote Sylvain Guintoli était en pole position, mais les départs repoussés ont eu raison de sa Ducati pendant le tour de chauffe. Ce fut le cas aussi pour la BMW de Michel Fabrizio. Considérer la panne de la S 1000 RR comme un fait sans importance serait négliger le fait que Fabrizio a bouclé le tour le plus rapide de tout le week-end en 1'42.327 lors de la première séance qualif, et son équipe BMW Motorrad Italia pouvait espérer l'emporter à domicile.
 
Au milieu de cette confusion, on espérait que Paolo Alberto Flammini, le patron de l'organisation, garderait son calme et verrait les choses avec un peu de hauteur. En fait, c'est le contraire qui s'est passé. Lui aussi a fait sa petite crise de nerfs et a attaqué tout le monde tout azimut dans la presse italienne. Le PDG d'Infront Motorsports a commencé à consulter ses avocats pour savoir quelle suite donner au communiqué sévère du team Effenbert Liberty Racing. Il a ensuite précisé que, contrairement aux apparences, ce n'était pas les cinq pilotes désignés Marco Melandri, Max Biaggi, Carlos Checa, Jonathan Rea et Tom Sykes (5 marques sur 6 représentées. Pourquoi pas de pilote Suzuki ?) qui avaient décidé de l'annulation de la première manche, mais la direction de course.
 
En fait, Flammini en voulait surtout à Melandri (dont la moto venait de chuter dans la Parabolique) car "la plupart des autres pilotes voulaient repartir. Melandri ne représente pas la majorité. Il ne fera désormais plus partie des pilotes qui seront appelés pour donner leur avis dans ce genre de situation." Comme en plus Melandri comptait parmi ceux qui ne voulaient pas non plus partir en deuxième manche, Flammini lui en veut beaucoup.
 
Où en est-on aujourd'hui ? Effenbert Liberty Racing vient d'envoyer un communiqué confirmant la présence de ses trois pilotes à Donington ce week-end. Merci beaucoup, car sinon Sylvain Guintoli et Maxime Berger seraient à pieds, sans être pour quoi que ce soit dans cet imbroglio italien tragi-comique !
 
On remarquera aussi que la vie nous réserve toujours des surprises. Lors du chaos de Monza, un pilote est resté souriant, décontracté, et n'a critiqué absolument personne : Max Biaggi ! Qui l'eut cru ?
 
L'une des conclusions de ce week-end est que les spectateurs n'ont pas été respectés. En ces temps de crise, les fans de compétition ont bien du mal à financer leurs week-ends sur les circuits. Il suffisait de voir une semaine auparavant le peu de monde dans les tribunes lors du GP d'Espagne à Jerez, pourtant un haut lieu de la course. On a eu l'impression à Monza que chacun défendait ses petits intérêts personnels immédiats, sans se préoccuper des spectateurs qui étaient trempés dans les tribunes. Pourquoi par exemple la deuxième manche n'est-elle pas repartie alors que ça aurait simple et facile ? Des demi-points ont été attribués, et les spectateurs qui avaient payé leurs billets plein pot n'ont eu droit qu'à 25% du spectacle en Superbike. Reviendront-ils ?
 
Sources : omnicorse.it, gazzetta.it, twowheelsblog.com
 
Photo : Marco Melandri sur la grille avec le directeur général de BMW Moto Hendrik von Kuenheim. Si ce monsieur, qui vient rarement sur les courses, décide que BMW délaissera un jour le WSBK au profit du MotoGP, on se rappellera de Monza.