MotoGP et SBK : Leur propriétaire commun oblige les deux organisateurs à s'entendre
DiversMotoGP et SBK : Leur propriétaire commun oblige les deux organisateurs à s'entendre Après avoir acheté la Dorna et ses Grands Prix, le fonds d'investissement Bridgepoint a acquis Infront pour ses activités dans le football, se retrouvant sans vraiment le vouloir également propriétaire du championnat du monde Superbike. Xavier Robert, associé chez Bridgepoint à Paris, expliquait au Figaro en 2011 lors de l'achat : "L'activité d'Infront se divise en quatre parties sensiblement équivalentes. Le football avec les droits de la fédération allemande, de la ligue italienne (Lega Calcio) et les droits de grands clubs comme le Milan AC, Schalke 04 ou le Werder de Breme. Viennent ensuite les sports d'hiver, comme [les événements de] la fédération internationale de ski ou [de] la fédération internationale de hockey sur glace. Puis les sports d'été comme le volley-ball, le handball et le basket chinois. Enfin, Infront réalise la production audiovisuelle des grands événements sous droits mais aussi des Coupes du monde de football et du championnat de France de Ligue 1." Comme on peut facilement le remarquer, il n'est fait nulle part mention du mondial Superbike, dont Infront et Bridgepoint n'ont strictement rien à faire.
 
C'est en septembre 2011 que le fonds d'investissement Bridgepoint a déboursé 600 millions d'euros pour acquérir la société Infront constituée il y a dix ans par Robert Louis-Dreyfus et Klaus Jacobs sur les décombres de l'empire Kirch. Après quelques mois passés à s'occuper du gros business (le foot), les gens de Bridgepoint se sont alors penchés sur les marges… pour découvrir avec horreur que la Dorna et Infront Motor Sports étaient en train de faire une erreur majeure en réduisant deux championnats à un seul en acceptant les Superbikes en MotoGP sous le nom de CRT.
 
Les gens de Bridgepoint ont rapidement compris que s'ils laissaient Ezpeleta et Flammini s'occuper des deux championnats, très vite il n'y en aurait plus qu'un. Or quand Bridgepoint en a acheté deux, c'était avec l'idée d'en revendre deux, et non un seul. Une réunion a donc eu lieu à Donington ce week-end, avec un représentant de Bridgepoint et les deux seules personnes compétentes pour concevoir l'avenir de ces deux championnats : Steve Whitelock, responsable technique du WSBK, et Corrado Cecchinelli, son homologue pour le MotoGP. Bridgepoint informera plus tard les gestionnaires, financiers et autres commerciaux des décisions prises. Ces derniers ont prouvé à plusieurs reprises leur incapacité à gérer intelligemment des championnats qu'ils n'avaient pas créés eux-mêmes. Le désastre de Monza, il y a seulement une semaine, est malheureusement là pour le rappeler.
 
Photo : L'Aprilia RSV4, première moto de l'histoire à courir en WSBK et en MotoGP (© Aprilia Racing)