MotoGP : Suzuki néglige l'ultimatum du vendredi de la Dorna
MotoGP : Suzuki néglige l'ultimatum du vendredi de la Dorna Carmelo Ezpeleta avait donné jusqu'à hier au constructeur japonais pour confirmer ou non sa présence en Grand Prix en 2012. Suzuki est resté silencieux. Le patron de la Dorna avait assorti sa demande de deux impératifs : Suzuki devait garantir qu'une nouvelle GSV-R 1000 courrait au plus tard à partir du prochain Grand Prix de Brno, et d'autre part engagerait deux pilotes à partir de 2013.
 
Suzuki n'a pas répondu, pour plusieurs raisons.
 
Tout d'abord, la direction japonaise du groupe est en guerre contre son principal actionnaire Volkswagen, dont les dirigeants allemands semblent être au moins aussi buttés et vindicatifs que leurs homologues nippons. La compétition moto n'est donc pas la priorité actuelle.
 
Ensuite, il est un peu cavalier pour une petite entreprise comme la Dorna de donner un ultimatum à un géant industriel comme Suzuki. La multinationale japonaise est plus de  1200 fois plus grosse que l'organisateur de spectacle ibérique (chiffres d'affaires 2010 : 210 millions € pour la Dorna, 2 600 milliards pour Suzuki). C'est comme menacer un porte-avions avec un lance-pierre.
 
Mais la Dorna a voix au chapitre, dans la mesure où elle paie une bonne partie de la facture de Suzuki en MotoGP. Pour être compréhensible, rappelons que la Dorna collecte les droits télé, les droits d'organisation (ce que paie le promoteur de chaque Grand Prix pour le plateau), et les sponsors qu'elle redistribue où bon lui semble, comme par exemple Monster sur Tech 3 et le GP de France. Puis l'entreprise espagnole reverse une partie des revenus à la FIM et aux équipes. Cela permet par exemple à Suzuki de dépenser peu pour son team MotoGP, même si son sponsor (que la loi française nous interdit de citer) ne lui verse qu'une somme très modeste. Certain dirait que le budget recherche et développement pour le GP n'a pas l'air ruineux, car en gros il semble se limiter à mettre de l'essence dans le réservoir.
 
Evidemment, tout cela ne fait pas les affaires de notre Randy national, qui se voyait bien chez Suzuki l'an prochain après avoir effectué des tests probants mardi et mercredi derniers. Sa copine Lauren Vickers (Playboy Italia Playmate of the Year 2010) ajoutait un peu plus à la confusion en twittant : "Dépression, panique, colère et frustration – pour ne citer que ça. Ce n'était pas ainsi que je voulais dire adieu à mes amis du paddock."
 
On compte donc beaucoup sur Suzuki pour que Lauren ne quitte pas le paddock.
 
Et Randy non plus.
 
Photo : Randy et Lauren (© PSP Stan Perec)