MotoGP : Rossi et les Bridgestone : ''J'espérais que Schwantz ne dirait rien aux journalistes''
MotoGP : Rossi et les Bridgestone : ''J'espérais que Schwantz ne dirait rien aux journalistes'' Valentino Rossi s'est retrouvé englué bien malgré lui dans une embrouille avec Bridgestone, quand Kevin Schwantz a révélé sans malice que ces pneus lui faisaient peur.

Pour bien comprendre la situation, un petit retour en arrière est nécessaire. Quand Bridgestone s'est retrouvé fournisseur exclusif de la catégorie MotoGP, le manufacturier japonais a découvert les avantages et les inconvénients d'un tel monopole. L'avantage majeur, c'est que les frais de développement diminuent considérablement puisqu'il suffit de donner les mêmes pneus à tout le monde (plus ou moins bons). Sans adversité, la top qualité n'est pas indispensable. Ceci est vrai pour tous les manufacturiers qui sont dans cette position de fournisseur exclusif d'un championnat.
 
L'inconvénient, en matière de communication, c'est que les pilotes critiquent les pneus "en bois", ce qui n'est jamais bon pour l'image de la marque. Bridgestone a résolu le problème en nommant Rossi ambassadeur de l'entreprise, c’est-à-dire en résumé en le payant grassement pour qu'il évite de critiquer les pneus. Venant de, par exemple, Capirossi ou Pedrosa, les critiques n'ont qu'une portée limitée. Venant du seul pilote connu du grand public, elles auraient pu en avoir beaucoup plus.
 
Et Rossi, fidèle à son contrat d'ambassadeur, ne critiqua jamais les pneus. Jusqu'au jour où il s'entretint du sujet avec Schwantz, lors d'une conversation destinée à rester privée pour Valentino. Mais pas pour Kevin. D'où la phrase prononcée aujourd'hui par le champion italien : "J'espérais que Schwantz ne dirait rien aux journalistes".
 
En fait, le Texan n'a rien dit aux journalistes. Par contre, il a écrit un article pour SuperbikePlanet, dont voici un extrait. Il s'agit en fait de quelques petites lignes à la fin d'un très long article. Voici ce texte écrit de la main de Schwantz :
 
"Nous avons parlé un peu de Bridgestone, et Valentino a dit, "tu sais, tu demandes aux gars de Bridgestone, et ils te disent "c'est exactement le même pneu que nous avons utilisé l'année dernière." Et puis il a dit : "Je veux te dire une chose, Kevin. Le même pneu ? Bridgestone affirme que c'est le même pneu. L'année dernière en Malaisie, en 2010, sur les 17 ou 18 motos qui étaient là, 90 % des gars ont couru avec le pneu dur." Puis Valentino a expliqué : "cette année, il y avait 17 motos sur la grille et toutes sauf une ont couru en pneu soft". Valentino a dit "la météo était presque identique. Pas comme, "Oh, il était sur le point de pleuvoir", ou "il faisait plutôt froid". Pas de différence réelle quant aux conditions météorologiques. Et le seul gars qui a couru en pneu dur était Simoncelli."
 
"Donc mon point de vue est que, si le pneu est le même, pourquoi un changement  complet, tous en dur l'année dernière et tous en tendre cette année ? La plupart des questions qui semblent préoccupantes concernent ces pneus. Tu parles aux pilotes des deux premiers tours, et c'est la peur absolue. Il faut du temps pour les monter à température et obtenir une sensation réelle. Je ne sais pas exactement ce qui se passe là-bas — les motos sont-elles toutes plus rigides en suspension ? Je n'ai aucune idée si les motos ont subi de si nombreux changements. Mais Valentino m'a regardé droit dans les yeux et a dit : "Ces pneus, ils me font peur."
 
Photo : Schwantz et Rossi (© motogp.com)