MotoGP : La désagréable partialité des commissaires de Jerez
MotoGP : La désagréable partialité des commissaires de Jerez Alex Rins (Suter Honda Estrella Galicia 0'0), un moment en tête du Grand Prix d'Espagne, a chuté puis a été aidé par les commissaires pour repartir, ce qui lui a permis ensuite de terminer quatrième. Un autre espagnol, Maverick Viñales (FTR Honda Blusens Avintia) a connu aussi une mésaventure alors qu'il était sixième en début de course. Reparti 28e après sa petite déconvenue, il terminait sixième.   Par contre, pour les pilotes non espagnols, les choses se passaient de manière différente : Miguel Oliveira (Suter Honda Estrella Galicia 0'0) tombait à l'issue du troisième tour alors qu'il était en tête de la course. Bien que sa chute ait été minime et qu'il ait été à même de repartir de suite sans problème, les commissaires lui interdisaient, malgré sa demande insistante, de reprendre la piste et il était contraint à l'abandon.
 
Niklas Ajo (KTM TT Motion Events Racing) est également tombé et les commissaires lui ont interdit de repartir, mais le Finlandais s'est énervé et a bousculé un homme de piste. Cela lui a valu d'être suspendu pour le prochain Grand Prix du Portugal. "Les pilotes en course sont plein d'adrénaline, a plaidé le jeune Finlandais. Il faut tenir compte des circonstances." Mais si la sanction est dure, Ajo n'est pas défendable. Les commissaires sont des bénévoles qui risquent parfois leur vie pour assurer la sécurité des pilotes, et jamais un pilote ne doit bousculer un commissaire. Jamais, en aucune circonstance. Niklas Ajo aura au moins appris qu'un pilote doit savoir contrôler ses nerfs. Ce n'est peut-être pas toujours facile, c'est vrai, mais c'est un métier dangereux où il faut savoir rester à l'intérieur de certaines limites.
 
Comment expliquer l'attitude de certains commissaires à Jerez, qui laissent repartir les Espagnols après une chute, mais pas les autres ? L'année dernière, leur partialité avait déjà été notée, quand ils aidaient Valentino Rossi à repartir sans daigner donner le moindre coup de main à Casey Stoner. Cela avait valu au responsable des commissaires de Jerez une convocation par la direction de course. Espérons simplement que dans l'avenir les consignes données aux commissaires soient claires et sans ambiguïté : Soit tout le monde peut repartir après une chute, soit personne. La "sélection par nationalité" n'est pas acceptable, elle peut fausser un championnat du monde. Et puis ensuite où s'arrêter ? Et si dimanche prochain, à titre de vengeance, les commissaires portugais à Estoril "kidnappaient" les pilotes espagnols ayant chuté dans les bacs à sable ?
 
Les commissaires de Jerez ont fait preuve d'un courage impressionnant dimanche dernier, n'hésitant pas deux fois à aller chercher pendant une course une moto tombée en plein milieu de la piste, alors que des pilotes arrivaient. Ils sont toujours intervenus extrêmement vite pour protéger les pilotes tombés à terre et blessés. Leur présentation des drapeaux bleus a été impeccable tout au long du week-end, sans privilégier cette fois les pilotes espagnols. Avec un petit peu plus d'impartialité lors des chutes bénignes, tout pourra être parfait en 2013.
 
Photo : Luigi Morciano (© PSP Stan Perec)