Claude Michy : « Un double Champion du Monde  dans un team français en MotoGP, on peut difficilement rêver mieux »
MotoGPClaude Michy : « Un double Champion du Monde dans un team français en MotoGP, on peut difficilement rêver mieux » En obtenant un deuxième titre de Champion du Monde cette année, Johann Zarco est devenu le pilote français disposant du plus beau palmarès en Grands Prix depuis la création de ceux-ci en 1949. Ce ne peut logiquement qu’être une bonne nouvelle pour l’organisateur du GP de France Claude Michy, qui peut déjà envisager avec son équipe PHA un public record pour le 21 mai prochain au Mans. Quel est son point de vue, depuis la passerelle du commandant ? Quelle est l’importance du passage de Johann Zarco en MotoGP pour toi en tant qu’organisateur du Grand Prix de France ?
 
« C’est un garçon que la Fédération et nous-mêmes soutenons depuis quelques années. Il est important de noter que tous les efforts faits ont porté leurs fruits, mais notre part est bien sûr modeste. Ce qui a payé c’est le travail de Johann avec Laurent Fellon. Certains ont parfois critiqué les méthodes, mais il n’empêche que le résultat est là. Ce qui est important, c’est que ça fonctionne. Il n’y a pas eu d’erreurs jusqu’à présent dans les choix qu’ils ont faits. Un double titre, c’est quand même assez génial ! Voir arriver un double Champion du Monde dans la catégorie reine au sein d’un team français, on peut difficilement rêver mieux.
 
Et au sujet précisément du Grand Prix de France, ça change quelque chose ou pas ?
 
« Non, on avait déjà fait une tribune Zarco l’année dernière quand il était Champion du Monde, comme il y a des tribunes aux noms de ces grands champions que sont Valentino Rossi et Marc Marquez. La MotoGP est pour Johann un autre challenge, qui nécessite un certain apprentissage, et il faut donc lui laisser le temps nécessaire pour qu’il se hisse au meilleur niveau.
 
Le double titre de Champion du Monde de Johann et son arrivée en MotoGP auront-ils une influence positive sur la compétition moto en France ?
 
« Je pense que son titre peut avoir une influence positive. La seule chose moins positive, c’est le traitement des sports mécaniques par la presse généraliste. Des Ayatollah essaient de faire couler dans les veines des journalistes de cette presse généraliste que nous sommes un sport politiquement incorrect, ce qui est totalement faux. Sans les sports mécaniques, il n’y aurait pas eu de progrès de faits au niveau des motos et des voitures en matière de sécurité et de consommation (et donc sur l’environnement). Malgré ce que dit Madame Hidalgo, qui a une profonde méconnaissance de la réalité quand elle dit que les motos émettent des particules fines, c’est inexact car toutes les motos fonctionnent à l’essence et non au gazole.
 
« On peut donc regretter que les sports mécaniques n’aient pas l’impact qu’ils méritent. Il est dommage qu’on parle plus du huitième de finale d’un tennisman français… qui va perdre, que d’un garçon qui est deux fois Champion du Monde. Il y a un décalage dans l’information que je trouve un peu dommage.
 
Pourquoi en tant qu’organisateur du GP de France soutiens-tu l’école ZF Grand Prix de Zarco et Fellon ?
 
« Il y a une autre dimension chez Johann et Laurent Fellon. Il y a ce qu’ils font pour eux, mais ils préparent aussi l’avenir afin de permettre à des jeunes de pouvoir accéder à la course moto. Faire de la compétition, c’est un autre esprit que de faire du loisir. Il faut respecter certaines règles et avoir une notion de performance. Ça commence très jeune. Ils ont tout mis en œuvre dans ce but depuis quelques années et ça peut commencer aujourd’hui à porter ses fruits. Le fils de Laurent va courir chez Ajo en Promo Moto3. Bien que très jeune, il a réalisé de bonnes performances cette année, à l’école comme sur la moto. Il faut soutenir ce genre d’initiative, et la Fédération collabore aussi au bon fonctionnement de cette école. On invite régulièrement les élèves de l’Ecole ZF Grand Prix au Show mécanique et ils ont toujours beaucoup de succès.
 
Il y a eu 9 vainqueurs différents en MotoGP cette année. Est-ce un événement éphémère, dû aux arrivées de Michelin et du système électronique unique, où est-ce une situation amenée à se reproduire dans l’avenir ?
 
« Je ne suis pas spécialiste en technique. Ce qu’il est important de constater, c’est déjà que ça s’est produit, ce qui a été fantastique. Autant en Moto3 et Moto2 qu’en MotoGP. On voit beaucoup de changements pour 2017, avec Lorenzo chez Ducati, Vinales chez Yamaha, deux nouveaux pilotes chez Tech3, l’arrivée de KTM… Il y a du lourd ! Je pense que nous nous dirigeons de nouveau vers une très grande saison.
 
Il est question que le GP de France de F1 revienne au Circuit Paul Ricard à partir de 2018. Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ?
 
« C’est une très bonne nouvelle pour le sport mécanique.
 
D’accord... et toi, éventuellement, le Circuit Paul Ricard peut t’intéresser un jour pour le GP de France ?
 
« Nous sommes jusqu’en 2021 au Mans, et nous avons plaisir à organiser le Grand Prix sur ce circuit. »
 
Photo : Johann Zarco lors du dernier GP de France avec de jeunes élèves de l’école ZF Grand Prix (© PHA)