Moto2 : Romain Lanusse sur une Mistral 610
Moto2 : Romain Lanusse sur une Mistral 610
A 16 ans, Romain compte parmi les potentiels champions d’Europe en Superstock 600 2011, catégorie dans laquelle il va évoluer pour la seconde saison consécutive au guidon d’une Yamaha R6. Nous l’avons croisé dans le box Tech 3 à Estoril, assis à côté d’une Mistral 610 toute de carbone vêtue. Il n'en fallait pas plus pour attiser notre curiosité.
Romain, quelle est la raison de ta présence à Estoril au guidon d’une Mistral 610 ?
Mon père a décidé de m’acheter une Mistral 610 afin que je m’habitue au pilotage d’une Moto2. C’est une machine totalement différente de la R6 avec laquelle j’évolue en Superstock. Hervé Poncharal m’a ainsi proposé d’être le pilote de développement Tech3 pour les essais IRTA de Valencia, Estoril et Jerez. C’est pour moi l’opportunité de rouler avec les meilleurs pilotes du monde, et je ne peux pas rêver mieux pour acquérir de l’expérience.

J’imagine que ça te change beaucoup du Superstock…
C’est un autre monde. Sur cette Mistral, le moindre réglage modifie le comportement de la moto. Il me faut m’habituer à une autre façon de régler, et surtout, de piloter. Mais ça ne me déplait pas… (Rires)

On entend souvent dire qu’une Moto2 est moins performante qu’une machine du Mondial Supersport. Tu as un avis là-dessus ?
Non, car je n’ai pas encore eu la chance de piloter une vraie Supersport. Tout ce que je peux dire, c’est que la Mistral est beaucoup, beaucoup plus performante que ma R6 Superstock. Au niveau du châssis bien sûr, mais aussi en moteur. On dit souvent que les moteurs du Moto2 manquent de puissance. Il me paraît pourtant beaucoup plus performant grâce au rapport poids/puissance de la moto, bien meilleur que celui de ma Yamaha quasiment d’origine. Ça se sent beaucoup en sortie de virage, lors des grosses accélérations.

Quelles ont été tes chronos sur la Mistral ?
Déjà, je n’ai roulé qu’hier, car les conditions météo étaient vraiment trop mauvaises aujourd’hui. Je ne connais pas trop ce circuit, et j’ai fait deux séances sur une piste séchante. Ça n’était donc pas l’idéal. J’ai tourné en 1’52, soit à 4 secondes des chronos de Mike (Di Meglio, ndlr) sur la même moto. Je n’étais donc pas trop mécontent, compte tenu de mon peu d’expérience sur cette moto et ce circuit.

Et à Valencia, ça a donné quoi ?
C’était ma vraie découverte de la moto, après quelques tours de roue à Aragon cet hiver, où il faisait -1°C… Les conditions étaient meilleures qu’ici, et j’ai vraiment pu apprécier les qualités de cette Mistral.

Quel est ton programme en compétition pour 2011 ?
Je fais la totalité du championnat d’Europe Superstock sur ma Yamaha R6, avec comme objectif le titre.

Et en 2012, le Moto2 ?
On ne peut jamais prévoir. Mais si je parviens à faire une saison 2011 à la hauteur de mes espérances, j’aimerais viser soit le Mondial Supersport, soit le Moto2. Je ne sais pas du tout pour l’instant, et je pense que j’ai besoin d’emmagasiner encore beaucoup d’expérience, car je me rends compte que les pilotes ont vraiment un très haut niveau ici. On verra en temps voulu...