Maxime Berger : ''J'ai perdu l'avant à plus de 200''
Maxime Berger : ''J'ai perdu l'avant à plus de 200'' Les deux pilotes français qui participent cette année au mondial Superbike terminent leurs essais hivernaux européens. Après Portimão, nos deux Ducatistes ont rejoint Motorland Aragon, où Sylvain Guintoli nous a expliqué hier qu'il y a plutôt été frigorifié. Maxime Berger a lui aussi tourné dans le nord de l'Espagne et il nous raconte ici ses tests ibériques.

"Dans l'ensemble, ça s'est bien passé. Encore une bonne prise d'expérience pendant ces deux jours, ce qui est précieux car je découvre les pneus slicks tout comme la moto. Au niveau de la météo, il a fait frais car on a eu le vent du nord pendant les deux jours, alors qu'il neigeait abondamment dans le nord de l'Espagne. Il y a eu de grosses chutes de neige, donc il faisait quand même assez froid, avec un fort vent.

"La première journée, ça ne s'est pas trop mal passé, j'ai fait quand même une cinquantaine de tours. Il m'a fallu d'abord reprendre un rythme sur le sec, car il pleuvait à Portimão à la fin des tests. 

"Le deuxième jour, il était prévu du beau temps l'après-midi. Il y avait une pause de 13h30 à 14h30. On avait eu des problèmes de pneumatiques la veille car à 11h la piste n'était qu'à 8°, pour 13° l'après-midi. Or les slicks travaillent bien quand ils sont entre 75 et 100°, ce qui me change des pneus sculptés que j'utilisais l'année dernière en Superstock 1000. Les slicks avaient donc du mal à chauffer et au niveau grip ce n'était pas formidable. Les pneus s'usaient très rapidement. Pour l'avant, on avait mis un pneu plus soft pour qu'il arrive à chauffer un peu plus, mais on perdait alors en stabilité au freinage. A l'arrière, on avait mis des pneus trop tendres, qui en fait travaillaient trop. Quand il fait froid, il faut mettre des pneus plus durs pour que la carcasse travaille dans de meilleures conditions. Or on avait pas mal de pneus soft, mais peu de dur. Avec un train, j'ai fait 10 tours, puis 4 tours avec un autre. Ils s'usaient à une rapidité phénoménale ! En fin de journée on a trouvé un pneu dur avec lequel j'ai fait un peu plus de 20 tours.

"Lors de la deuxième journée, on a décidé de ne rouler que l'après-midi pour profiter du beau temps annoncé. Le temps a été bien entre midi et 13h30. On aurait dû rouler à ce moment-là, si on avait su qu'après la pause la bise allait se lever de nouveau. On a effectué de courtes séances après 14h30, de 8 à 10 tours, mais la température de la piste est descendue, atteignant 8° à 17h. On avait alors mis un SC2 à l'avant, un peu plus dur pour qu'il y ait moins de mouvement au freinage. On gagnait en stabilité, mais il chauffait moins que le SC1 donc on avait perdu un petit peu au niveau de la qualité de travail du pneu. 

"J'ai fini par chuter à 17h dans les derniers tours. Je suis rentré dans un virage à gauche sans frein en mettant la moto sur l'angle et j'ai perdu l'avant. J'étais à un peu plus de 200 mais il y a de grands dégagements. Toute la journée, j'avais eu du mal avec le grip sur l'angle. Je ne savais pas si ça venait de moi ou des pneus qui avaient du mal à monter en température. Sans oublier des rafales de vent assez importantes qui ont peut-être eu un rôle dans ma chute. Mais bon, la moto n'a rien eu : j'ai juste cassé une commande reculée et le levier d'embrayage. J'ai aussi égratigné un peu le carénage, mais dans l'ensemble ça va."

Photo : Maxime Berger (© Supersonic Team)