Lorenzo, Rossi, Stoner : Le mystère des pneus pluie
Lorenzo, Rossi, Stoner : Le mystère des pneus pluie Lors du Grand-Prix de France, Jorge Lorenzo s'est imposé sur une piste séchant très lentement, l'emportant finalement avec une énorme avance de 9 secondes sur Rossi, 11 sur Stoner et 29 sur Pedrosa. Lorenzo est un super pilote, mais ses adversaires du jour aussi. Pour que Jorge les distance de manière si impressionnante sous la pluie, il y a forcément une autre raison que le pilotage. A l'arrivée, quand les motos des trois premiers ont été posées côte à côte sur leurs béquilles, la question devenait évidente : Pourquoi le pneu arrière de la Yamaha était-il en excellent état, alors que ceux de la Ducati et de la Honda étaient détruits ? Cela corroborait les observations faîtes pendant les derniers tours de la course, quand Lorenzo était stable alors que Rossi et Stoner glissaient abondamment de l'arrière.
 
Valentino Rossi était tout à sa joie de retrouver le podium après un an de manque, et la question du pneu était pour lui annexe : "Nous savions que nous avions une opportunité sur piste mouillée et j'ai donc essayé de piloter du mieux que possible pour ne pas la gâcher." Casey Stoner avait lui une analyse plus technique : "Une fois qu'il a arrêté de pleuvoir et que la piste était un peu moins mouillée, la température des pneus est devenue trop élevée, j'ai commencé à patiner et je ne pouvais pas faire grand-chose contre ça."
 
Jorge Lorenzo le vainqueur reconnaissait qu'il aurait pu creuser un plus gros écart : "J'ai commencé la course déterminé à être devant dès le début. J'aurais pu pousser un peu plus mais je ne voulais pas risquer la chute, j'ai préféré attendre quelques tours pour voir ce qui se allait se passer, j'ai finalement repris de l'avance et remporté cette fantastique course."
 
Alors qu'est-ce qui a fait la différence au niveau pneumatique ? Tout d'abord, tous les pilotes sont partis en pneu pluie tendre à l'arrière, pour une piste dont la température n'était que de 16 à 19° selon les moments, pour une température de l'air de 15°. Donc à équipement égal, s'il est logique que les pneus de Rossi et Stoner finissent usés, comment l'équipe de Lorenzo a-t-elle réussi à le faire durer ?
 
L'ancien pilote Masao Azuma, désormais chef ingénieur au "Bridgestone Motorsport Tyre Development Department", estime que" les conditions humides et plutôt fraiches ont rendu la séance de warm up très importante pour permettre aux équipes de trouver les bons réglages pour la course". Dans ce domaine, le team Yamaha a été nettement plus brillant que ceux de Ducati ou Honda, comme le confirmait Dani Pedrosa, qui était encore plus en difficulté que Rossi et Stoner : "Je manquais de motricité en sortie de virage, surtout en première et seconde vitesses. Nous avions fait quelques modifications durant le warm-up mais elles ne nous ont pas aidés, ça a été le contraire."


 
Photo © Ducati / vidéo by Dorna