Leçon de pilotage 5 : la chute
GirlsLeçon de pilotage 5 : la chute Il est quasiment impossible de faire de la compétition moto sans, au moins une fois dans votre « carrière », avoir tâté du bitume. Certes, la chute est inévitable lorsque vous recherchez vos limites et celles de votre machine, mais vous pouvez limiter les dégâts en ayant de bons réflexes. 1- Soyez prêts à tomber !

La chute fait malheureusement partie de ce sport. D’ailleurs, ceux qui la craignent le plus sont souvent ceux qui ne sont jamais tombés. En effet, dans la majorité des chutes sur circuit, il n’y a pas de gros bobos physiques, si ce n’est quelques égratignures et contusions. Grâce à des équipements racing de plus en plus high-tech et sûrs, la plupart des pilotes se relève fort heureusement indemne. Une fois votre première chute essuyée, et si cette dernière est sans conséquences, vous redouterez d’autant moins les prochaines.
N’ayez pas peur de tomber – cela fait partie du « jeu » - mais n’abdiquez pas trop vite non plus. Toutes les situations qui vous semblent désespérées ne le sont pas forcément. Je m’explique… Vous arrivez très (trop) vite dans un virage et vos yeux exorbités regardent le bac à graviers qui vous attend. Erreur. Ne quittez jamais des yeux votre trajectoire et le virage que vous êtes sensés prendre. Même si ça vous paraît impossible, croyez-y quand même. Vous avez une chance, voire plus, que ça passe. Tandis que regarder le bac à graviers vous y entraînera obligatoirement.
Si votre moto part dans un guidonnage de folie, ne paniquez pas : poussez sur les guidons, en appui sur les jambes, afin d’éviter l’accentuation du guidonnage.
Si vous vous accrochez avec un pilote, tentez de garder quand même votre trajectoire. Un coup de carénage ne vous envoie pas obligatoirement en l’air !
Enfin, en cas de grosse glisse de l’arrière, ne coupez jamais les gaz. Figez-les et mettez-vous bien en appui sur vos jambes pour éviter le coup de raquette.
Quoiqu’il en soit restez toujours concentré sur votre pilotage dans les moments critiques et ne pensez à la chute que lorsque vous êtes vraiment dans les airs (ou sur l’asphalte !).

2- Les différentes sortes de chutes

En moto, il existe deux sortes de chutes les plus courantes : le highside et le lowside.
Le « lowside », c’est lorsque vous êtes sur l’angle et que vous perdez l’avant. C’est en général la moins dangereuse puisque, plein angle, vous êtes déjà quasiment à terre.
Le high-side est celle qui fait en général le plus mal : l’arrière de la moto a décroché, puis a raccroché le bitume. Votre moto vous fait alors un effet catapulte et vous envoie haut dans les airs. Jusque-là, ça va. Ça va moins quand vous retombez lourdement de tout votre poids sur le sol ! Les plus chanceux arrivent quand même parfois à retomber à califourchon sur leur réservoir et éviter la douloureuse rencontre avec le sol.

3- Comment ne pas transformer une petite chute en quelque chose de pire ?

Lâchez tout !
Première règle : quand il n’y a plus aucun espoir d’éviter la chute, ne vous retenez pas à la moto. Elle est plus lourde que vous et son poids risquerait de vous entraîner encore plus brutalement et plus loin (la moto finit sa course toujours plus loin que le pilote). D’autre part, repose-pieds, guidon et aspérités pourraient vous blesser.

Relax !
Ensuite, c’est facile à dire comme ça, mais n’essayez pas de résistez. Si vous tentez d’arrêter votre glisse avec vos bras et vos jambes, il y a de forts risques qu’ils soient plus exposés encore (un membre rigide se cassera plus facilement qu’un membre souple) ou qu’ils servent de pivot pour vous envoyer une nouvelle fois dans les airs.
N’essayez pas non plus d’amortir la chute avec une seule partie du corps (poignet, cheville…). Tout votre poids concentré sur cette partie la brisera automatiquement, alors que si vos fesses, votre dos, vos jambes etc. servent tous ensemble d’amortissement, ça diffusera et amoindrira plus probablement l’impact. C’est l’un des secrets des cascadeurs !
Certains pilotes ont aussi le réflexe de croiser leurs bras sur le torse pour se protéger.

Faites durer le plaisir…
Si c’est une simple glissade, laissez la force centrifuge vous entraîner… jusqu’à l’arrêt total. En effet, on a parfois l’impression qu’on ne glisse plus alors que ce n’est pas le cas (votre glissade a seulement ralenti). Si vous essayez alors de vous relever, il y a de fortes chances que vous repartiez une nouvelle fois dans un roulé-boulé !

1, 2, 3… Soleil !
Si vous êtes tombé au milieu de la piste, que des machines arrivent sur vous et que vous n’avez pas le temps de dégager, le meilleur conseil est de rester sur place et de vous protéger un maximum en vous recroquevillant. Les pilotes auront plus de chance de vous éviter que si vous bougez en paniquant, car ils ne peuvent pas deviner dans quelle direction vous irez. Dès que la voie est libre, par contre, dépêchez-vous de déguerpir pour vous mettre à l’abri derrière les voies de sécurité les plus proches.

CONSEILS UTILES

Les commissaires de piste sont là pour la sécurité et dégager la piste des débris, mais il n’est pas interdit de leur donner un coup de main pour relever votre moto (si vous n’êtes pas blessé, évidemment). Même dans les bacs à gravier, il existe un certain savoir-vivre et du respect.

Si votre moto est tombée au milieu de la piste et que vous n’avez rien, relevez-la dès que possible : cela peut éviter que de l’huile s’échappe du moteur, coule sur la piste et contraigne les commissaires à sortir le drapeau rouge pour nettoyer la piste.

Les plus angoissés ou les plus… consciencieux pourront s’entraîner à chuter sur un matelas, chez eux, ou dans une salle de gym. Chuter est aussi un métier qui s’apprend.