Leçon de pilotage 1 : la position
Leçon de pilotage 1 : la position Adopter la bonne position de pilotage est le b.a. ba de vos premiers tours de piste. Bernard Garcia, ex-pilote en GP 500 et aujourd’hui moniteur breveté d’état pour l'école de pilotage 4G, vous donne ses meilleurs conseils pour adopter la position idéale. 1- La position en ligne droite = recherche de vitesse

Pointes des pieds bien calées sur les repose-pieds, vous devez vous cacher au mieux derrière la bulle, afin de favoriser l’aérodynamisme de votre équipage, c’est-à-dire vous et votre moto. La mentonnière du casque touche quasiment le réservoir, les bras sont pliés et collés au réservoir, tout comme les jambes. Coudes et genoux se touchent quasiment. Vos fesses sont posées loin au fond de la selle, voir sur le dosseret de selle pour les plus grands. Le regard, toujours très important, porte le plus loin possible.

2- La position au freinage = freiner tard, fort et efficacement

Encore en position de recherche de vitesse maxi, vous commencez à décaler votre fesse côté intérieur du virage qui arrive. Vous pouvez commencer à utiliser le frein arrière pour baisser l’assiette de la moto, tout en accélérant toujours à fond. A votre point de repère de freinage, vous coupez les gaz et en même temps que vous saisissez progressivement le frein avant (à 2 ou 4 doigts) pour faire basculer le transfert de masse, vous vous redressez en poussant sur vos bras, tout en ouvrant le genou côté intérieur du virage : cela provoque un effet aérofrein qui vous permet de ralentir encore plus la machine et de commencer à l’inscrire dans le virage. Vos appuis sur les repose-pieds sont égaux. Tout en freinant de l’avant, vous débrayez à deux doigts pour descendre un par un les rapports, en mettant un petit coup de gaz à chaque fois (la paume de la main droite met les coups de gaz, tandis que vous maintenez toujours fort le frein avant avec 2 ou 4 doigts). Relâchez progressivement l’embrayage (en 2 ou 3 fois pour contrôler le frein moteur et le dribble de la roue arrière) jusqu’à la mise sur l’angle, puis progressivement le frein avant. On a complètement relâché le frein avant quand le genou se pose par terre. Et on ne retouche plus au frein avant, quoi qu’il arrive, tant qu’on est sur l’angle maxi ! C’est alors éventuellement le frein arrière qui prend le relais si vous deviez rattraper le point de corde. On ne réaccélère pas non plus pour recouper après.

3- La position en virage = trouver le meilleur compromis entre angle et vitesse

Pointes des pieds bien calées sur le bout des repose-pieds, vous déclenchez votre virage en appuyant sur le repose-pied intérieur (du point de corde jusqu’au filet de gaz, les appuis sur les repose-pieds sont égaux). Vous êtes assis à environ 10 cm du réservoir afin d’avoir une meilleure liberté de mouvement (ceux qui ont du mal à ne pas rester coller au réservoir peuvent rajouter une mousse). La fesse côté intérieur du virage doit être complètement sortie de la selle (pour repère : la raie des fesses est positionnée sur le rebord de la selle). Le genou est ouvert et va chercher l’asphalte, le bras intérieur est fléchi et ouvert. Le bras extérieur est quasiment tendu et collé au réservoir, tout comme le genou extérieur, également collé dans le renfoncement du réservoir et qui aide, en tirant, à faire tourner la moto. Les épaules restent droites. La tête et le regard sont positionnés de façon à voir le plus loin possible le prochain repère (point de sortie du virage, de réaccélération, etc.). Côté mains, vous pouvez garder un doigt sur l’embrayage pour gérer le frein moteur au rétrogradage ou pour pallier à un éventuel serrage moteur pour les adeptes du 2-temps. Dans les virages à gauche (à moins d’avoir le frein arrière au pouce gauche), vous pouvez éventuellement poser le talon du pied extérieur sur le repose-pied afin de pouvoir utiliser le frein arrière pour ramener la moto au point de corde, si nécessaire. Quoi qu’il en soit, on relâche le frein arrière quand on commence à réaccélérer (filet de gaz). On appuie alors davantage sur le repose-pied extérieur pour aider la moto à se relever, tout en ouvrant ¼ de gaz (on peut aussi éventuellement appuyer sur le repose-pied intérieur pour déclencher la glisse tout en contre-braquant légèrement). Comme on appuie fort sur les repose-pieds, les fesses ne sont alors quasiment plus en contact avec la selle. En centralisant les masses plus bas, l’avantage est qu’on évite le highside (l’effet catapulte) si la roue arrière décroche puis raccroche. La réaccélération est un compromis entre les appuis sur les repose-pieds et la remise des gaz progressive, découpée en 5 phases : filet de gaz, ¼ de gaz, mi-gaz, ¾ de gaz, plein gaz (et si vous ne souhaitez pas connaître ce fameux highside, évitez de couper les gaz sur une phase de réaccélération : en cas de glisse trop importante, figez la poignée en redressant un peu la moto, jusqu’à ce que la moto se remette en ligne). Restez déhanché jusqu’à la sortie du virage : on ne se replace dans la bulle que lorsque la moto est complètement redressée.

MISES EN GARDE & CONSEILS UTILES :
1-    Quand on freine, on freine. Quand on accélère, on accélère.
2-    Penser à bien s’oxygéner avant de monter sur la moto, puis à bien respirer dans le moindre bout droit.
3-    Une fois sur l’angle maxi en virage, sans frein et sans gaz, on ne peut pas tomber.
4-    Ne regardez jamais le bac à graviers, mais toujours là où vous voulez/devez aller, même si vous pensez que ça ne va pas passer. Ça passe souvent, croyez-nous !
5-    Ne jamais se retourner : concentrez-vous à rouler vite et bien, c’est là qu’on gêne le moins !
6-    Pensez à prendre un maximum de repères (si possible en effectuant un tour de circuit à pieds) : repère de freinage, de déclenchement de virage, de point de corde, etc. Et comptez les vitesses, de manière à toujours rentrer sur le même rapport dans les mêmes virages.