Interview Jules Cluzel : ''C'est assez compliqué et plutôt surprenant''
Interview Jules Cluzel : ''C'est assez compliqué et plutôt surprenant'' Pour son premier roulage en championnat du monde Supersport, Jules a découvert sa toute nouvelle catégorie. Comme en Moto2, son moteur est un Honda quatre cylindres 600cc, mais beaucoup de choses sont différentes.  Comment s'est passée ta découverte de la catégorie Supersport ?
 
"De manière plutôt positive. J'avais assez peur de découvrir cette machine. En venant du Moto2, je me disais que j'avais connu une 600 plutôt évoluée. Là j'ai été surpris dans le bon sens sur beaucoup de points : le moteur déjà, c'est la première chose que j'ai ressentie, le frein moteur au top, le traction control intéressant, bref tout ce qui permet de rouler plus vite. Globalement, le châssis est assez surprenant et les pneus aussi. Donc à part le poids et l'encombrement de la moto, qui est plus grosse qu'une Moto2, pour l'instant je prends vraiment beaucoup de plaisir au guidon de cette machine.
 
Au niveau des chronos, tes résultats ont été bons. Tu t'attendais à te trouver à cette position-là ?
 
"Non, pas du tout. Je suis plutôt pessimiste qu'optimiste. Je voulais attendre de voir. Je ne m'attendais pas à être à 5 dixièmes après deux journées d'essai parce que je ne pensais pas être aussi proche. Maintenant, tant mieux. Apparemment, les personnes qui me connaissent et qui connaissent la moto pensaient que c'était plus ou moins ce que j'allais faire.
 
Tu te trouves dans une équipe qui a inscrit 7 pilotes permanents dans la même catégorie. C'est difficile ?
 
"Non, car déjà on n'est pas 7, on est 5 : il y a 2 pilotes Bogdanka PTR, 2 Bogdanka et 1 Riders PTR. C'est une  grosse structure, mais par exemple on a 3 boxes, donc de la place. Tout est bien organisé. Ça vaut tous les teams que j'ai pu faire jusqu'à présent.
 
Comment te situes-tu par rapport à Parkes, Foret, Sofuoglu et Lowes ?
 
"C'est assez serré. On va dire qu'on est 5 assez proches pour l'instant. Le sixième, Iannuzzo, a fait un chrono lors d'un tour derrière un pilote, mais le reste du temps il était plutôt à 1 ou 1,5 seconde. Broc Parkes et les autres, je n'ai pas roulé avec eux. J'étais concentré et je ne voulais pas me prendre la tête. Je ne m'occupais pas de trouver des roues.
 
"Les 5 dixièmes qui me manquent par rapport au meilleur tour, c'est l'expérience d'attaquer plus avec les pneus neufs. Ça ne me gêne pas trop. Maintenant, on a essayé de faire de longs runs pour voir un peu comment ça allait se passer pour la course. C'est assez compliqué et plutôt surprenant côté usure, car le traction control agit tour après tour différemment. Donc si tu veux c'est intéressant, mais ça va être la grosse surprise pour la course.
 
Les essais commencent après-demain. Comment vois-tu ce week-end de manière générale pour toi ?
 
"Je suis pessimiste. Franchement, je n'ai jamais été du genre à dire "je vais aller sur le podium". Jusqu'à présent, j'ai été dans les 5 lors de toutes les séances, donc je pense que terminer dans les 5 premiers est jouable. Maintenant, la course est un point d'interrogation. On va travailler demain pour analyser ce qui s'est passé sur les longs runs, ce qu'on peut améliorer et comment moi je peux progresser pour que ça se passe au mieux. Je pense que le boulot va être intéressant et important. Si j'arrive à bien m'en sortir de ce côté-là, je pense que la victoire - voir un podium - est possible."
 
Photo : Jules Cluzel (© PSP Stan Perec)