Interview de Claude Michy, organisateur du Grand Prix de France
Interview de Claude Michy, organisateur du Grand Prix de France "Il y a eu des courses superbes et une victoire française. Ça fait du bien, une victoire française. Tout ça a été un peu arrosé, ce qui était dommage pour le confort du public. Mais toute la France était sous l'eau. Il faut peut-être mieux être un peu sous l'eau de temps en temps et avoir des victoires françaises. Toutes les courses ont été top. Au niveau du spectacle, je pense que c'est un des meilleurs Grands Prix qu'on ait eu. Notamment avec Johan qui était aux portes de toucher la timbale quand il est tombé."  Que représente pour toi la victoire de Louis Rossi ?
 
"Ce qui est bien c'est que c'est un garçon qu'on avait décidé d'aider avec la Fédération un peu l'année dernière et un peu plus cette année parce qu'on pensait qu'il avait du talent. Quand on voit justement le reportage qui a été fait par "Stade 2" sur ce garçon et qui a été diffusé dimanche après le Grand Prix, pour montrer toutes ses facettes et ses qualités en dehors du pilotage, c'est une très belle image pour la moto. La victoire de Louis Rossi est une vraie victoire, sur un terrain difficile - une piste impossible où tout le monde allait par terre - et il a quand même gagné avec 27,3 secondes d'avance, ce qui est phénoménal.
 
Le podium de Valentino a-t-il été aussi un grand moment ?
 
"Ça a surtout été un grand moment pour lui (rire). Mais ça fait deux années de suite que je vois Valentino Rossi comme un gamin, c’est-à-dire comme si c'était son premier podium, ce qui est quand même rafraichissant, dans ce monde où certains sont blasés très jeunes.
 
"En fait, c'est la différence entre Stoner et Rossi. Ce sont deux très grands pilotes, même si son palmarès plaide un peu pour Valentino pour qu'il soit à l'étage au-dessus. Mais le plus important est que Valentino Rossi redonne au public et à ses supporters ce qu'ils lui donnent. Il y a un échange qui existe. Avec Stoner, malheureusement, il n'y a rien qui existe entre le public et lui. On l'a bien vu lors de la rencontre avec les pilotes : quand Stoner est arrivé, ça n'a pas déchaîné les foules.
 
Quel est ton bilan d'ensemble pour les deux nouvelles catégories CRT et Moto3 ?
 
"Je pense que dès que tu bouges les lignes, que tu essaies d'être un peu visionnaire pour l'avenir, il faut attendre de voir sur deux ou trois ans ce que ça va produire. Je me rappelle ce qui a été dit quand Dorna a décidé de créer le Moto2. Tout le monde a dit "ça ne marchera pas, ceci cela, ça n'intéresse personne" et puis les courses de Moto2 sont devenues les plus belles qui ont existé l'an dernier. Le Moto3, tout le monde était sceptique et aujourd'hui les grilles sont pleines et les courses fantastiques. Je pense que le MotoGP va aller dans cette ligne-là. Il faut trouver quelque chose où les machines sont plus proches les unes des autres.
 
Cette année, tu as eu combien de spectateurs, malgré la pluie ?
 
"Le dimanche, on est sur à peu près 80 000 personnes.
 
Lors du récent Grand Prix du Portugal, il y avait beaucoup de monde car les places n'étaient pas chères, mais alors vraiment pas chères du tout. Comment est-il possible pour un organisateur de Grand Prix de descendre le prix des places très bas comme l'ont fait les Portugais ?
 
"C'est l'Etat qui paie. Ça représente 7 millions d'euros de budget, donc il faut savoir qui paie. En réalité, les Portugais ont certainement dû payer au travers de leurs collectivités publiques.
 
Une dernière question, plus personnelle : Si ton père Maurice n'avait pas été pilote (deuxième du Tour de Corse auto en 1956, premier en voiture de série des 12 Heures de Sebring en 1957) serais-tu aujourd'hui organisateur du Grand Prix de France ?
 
"Je n'en ai aucune idée. Ça n'a aucun rapport, déjà c'était quatre roues. Ce sont les hasards et les péripéties de la vie. Je ne me pose pas ce genre de question. Je ne savais même pas que mon père avait gagné ça. Je savais qu'il avait gagné beaucoup de choses, mais j'aurais été incapable de dire la date, l'année ou les courses, je te remercie."
 
Photo : Claude Michy ce week-end au Mans (© PSP Stan Perec)