Interview Davide Brivio : le « Carlo Pernat » de Rossi
Interview Davide Brivio : le « Carlo Pernat » de Rossi

Davide Brivio est le team manager de Rossi depuis qu’il est arrivé chez Yamaha en 2004. Il devrait le suivre l’an prochain chez Ducati, pour devenir son manager. Un nouveau défi pour celui qui a passé ses vingt dernières années chez Yamaha en Superbike, puis en motoGP.

Davide, jusqu’à présent tu étais team manager de Valentino Rossi chez Yamaha. L’an prochain, tu seras son manager. En quoi consiste ton futur job et seras-tu  habillé en rouge ?

Nous n’en avons pas encore parlé avec Valentino, donc je ne peux pas vous dire comment ça va se passer. Mais c’est vrai que depuis deux ans, c’est-à-dire depuis que Vale a changé de management, je l’aide un peu pour plein de petites choses, comme ses contrats de sponsors personnels ou encore les licences. Pour le futur, suite à la décision de Valentino et après le succès que nous avons eu ensemble dans ce team, il est peut-être temps de passer à autre chose. C’est un long chapitre avec Yamaha que je clos, puisque j’ai travaillé plus de 20 ans avec eux, d’abord en Superbike, puis en MotoGP.

Tu n’étais donc pas directement impliqué dans les négociations entre Ducati et Rossi ?

Non, absolument pas. Valentino a des avocats et des conseillers pour l’aider dans ce domaine, comme Alberto Tribaldi, par exemple, qui l’aide au niveau fiscal. Peut-être que dans le futur, cette organisation pourra un peu changer.

Tu manages aussi d’autres pilotes, comme Maxime Berger.

C’est vrai que depuis quelques années déjà, le management de pilote m’intéresse. J’ai créé une société de management avec Chris Favero (sa compagne, ndlr) et on s’occupe notamment de Maxime Berger, Michele Magnoni, Lukas Pesek. Je pense d’ailleurs que Maxime est un pilote très talentueux et qu’il mérite de franchir un cap dans sa carrière. Pour l’an prochain, je pense qu’il peut faire très bien en Moto2. Si un team cherche un pilote talentueux en Moto2, je suis persuadé que Maxime est le futur.

Que penses-tu de la décision de Valentino d’aller chez Ducati et quand t’en a-t-il parlé pour la première fois ?

On en a parlé comme ça, en plaisantant durant un dîner, mais on n’a jamais abordé le sujet sérieusement. J’ai d’abord été positivement surpris par sa décision car l’an prochain, il aura 32 ans, et je pense que pour faire ce choix, c’est qu’il a beaucoup de motivation et encore d’énergie à mettre dans ce sport. C’est un challenge difficile, probablement encore plus difficile que celui de 2004. D’un point de vue technique, c’est peut-être plus facile car la Ducati est plus compétitive que la Yamaha en 2003, mais d’un point de vue sportif, ce sera peut-être plus difficile car il a des adversaires beaucoup plus forts qu’en 2004. Le résultat est incertain, mais c’est la raison pour laquelle ce challenge est si excitant.

Tu es manager, mais aussi ami de Valentino. Est-ce que ça facilite ou au contraire complique ton job ?

Les véritables amis de Valentino sont ceux qui ont grandi avec lui, ils sont un groupe de dix à se connaître depuis le primaire. Nous avons de très bonnes relations avec Valentino, mais on ne se voit pas beaucoup en dehors du paddock, si ce n’est pour dîner ensemble parfois. On travaille ensemble, même si avec Valentino, vous n’avez pas vraiment l’impression que c’est du boulot tellement c’est un régal de travailler avec lui. Il a tout pour lui : il est amusant, intelligent, loyal, respectueux…

De l’extérieur, on a l’impression que l’ambiance chez Yamaha a changé depuis que Valentino a annoncé officiellement son départ. Le ressens-tu aussi ?

Non, je ne crois pas. Après la course de Brno, qui a été difficile pour l’équipe car on n’a pas trouvé les bons réglages, Valentino a un peu réagit après les essais du lundi (ndlr : Lorenzo et Spies ont essayé la nouvelle fourche Öhlins 2011, mais pas Rossi), mais je pense que Yamaha restera réglo entre ses pilotes jusqu’à la fin de la saison. Après, dans les prochains jours, l’atmosphère dépendra peut-être de ceux qui restent et de ceux qui partent, mais pour l’instant, tout se passe bien. Tout est sous contrôle.

Penses-tu que Yamaha laissera Valentino tester la Ducati avant la fin de l’année ?

Je ne sais pas. Ce sont aux ingénieurs de décider. Mais d’un point de vue sportif et « sentimental », ce serait juste que Yamaha le laisse essayer la machine, afin que la compétition pour 2011 soit équitable entre tous, car Stoner, lui, va pouvoir tester la Honda tout de suite après la dernière course de la saison. D’un point de vue commercial, ça pose d’autres problèmes avec les sponsors, les droits d’image. Mais tout ça est actuellement en discussion du côté de Yamaha et des sponsors.