Hypothèse : Et si la Dorna et Infront mordaient la poussière ?
Hypothèse : Et si la Dorna et Infront mordaient la poussière ? Les récents tests de Jerez ont mis en lumière un point important : Aprilia a prouvé qu'il était possible de courir avec la même moto en Superbike et en CRT, la future catégorie du MotoGP. Quelle répercussion sera aura-t-il sur l'avenir du MotoGP et du WSBK ? La RSV4 en Espagne s'est tout de suite montrée la plus rapide des CRT, bien qu'elle ait été chaussée pour la première fois de Bridgestone et dotée de freins carbone. Et il y a encore énormément à gagner sur cette moto, entre autre au niveau du poids ou du vilebrequin de série (obligation réglementaire en SBK). Et ce qui est vrai pour l'Aprilia est également vrai pour les autres marques comme par exemple BMW. On risque donc de se retrouver en 2013 avec deux championnats du monde qui feront courir "à peu près" les mêmes motos, ce qui se semble pas un grand progrès en terme de spectacle.
 
La Dorna et Infront Motor Sport sont les propriétés du gestionnaire de fonds d'investissement Bridgepoint qui, soyons clair, est là pour l'argent et non pour la moto. En achetant Infront par exemple, ce sont les droits TV du football qui intéressent ces financiers, et non les Superbikes. Le métier de Bridgepoint est d'acheter des entreprises énormes (Alain Afflelou en France par exemple, pour plus de 500 millions) pour les revendre ensuite en faisant un profit.
 
Alors tentons une hypothèse : Et si un troisième larron, réellement concerné lui par la compétition moto, utilisait ces mêmes 1000cc pour monter son propre championnat ? C'est d'autant moins irréaliste que ce troisième larron existe déjà, qu'il s'appelle Jonathan Palmer et qu'il est propriétaire du British Superbike. La limitation de l'électronique avec le boîtier unique, c'est lui, alors que les deux autres n'y sont jamais arrivés avant que le BSB ne leur montre comment faire. Et l'arrivée des Britanniques à Assen hors de leur île en 2012 pourrait être un signe avant-coureur.
 
Mais pourquoi se limiter à Palmer ? Un autre organisateur compétent pourrait tout aussi bien monter son propre championnat. Quelqu'un comme Claude Michy, si ça l'intéressait, en serait parfaitement capable. Les gens du Qatar, qui connaissent désormais la course comme concurrent (Moto2, endurance), mais aussi comme organisateur (MotoGP, SBK, endurance) ont les ressources financières nécessaires pour mener à bien ce genre de projet. Et Gigi Dall'Igna se ferait un plaisir d'adapter ses RSV4 à n'importe quel règlement technique. D'autres organisateurs peuvent également profiter de l'opportunité, et même pourquoi pas pour raviver la catégorie prototype que semble délaisser la Dorna.
 
La course moto représente une goutte d'eau dans l'océan pour Bridgepoint. Mais pas pour les amateurs de compétition.
 
Photo : GP du Japon à Motegi en 2011 (© PSP Stan Perec)