Honda Moto3 : de la marge pour les préparateurs (avec photos des détails techniques)
Honda Moto3 : de la marge pour les préparateurs (avec photos des détails techniques) Le premier constructeur mondial a beaucoup poussé pour que le 2 temps soit remplacé par le 4 temps. En Grand Prix, on en est à la troisième phase de l’opération. Après que le MotoGP ait pris la place des 500, puis que le 250 GP ait cédé le terrain au Moto2, voici maintenant le dernier acte avec la Moto3 qui envoie les 125 deux-temps aux oubliettes de l’histoire.  Bien sûr, Honda était moralement contraint de soutenir la catégorie ainsi imposée. C’est fait désormais avec la nouvelle NSF250R compétition-client. En examinant bien la machine proposée, on se rend rapidement compte qu’il ne s’agit pas d’une moto « prête à courir » les GP. Avec 44 chevaux à 13 000 tr/mn, il s’agit d’une machine destinée aux championnats nationaux. C’est une vraie base intéressante, contrairement à d’autres offres basées sur des moteurs de motocross, ce qui est interdit par le règlement.

Telle qu’elle est proposée, cette Honda Moto3 n’est pas compétitive en Grand Prix par manque de puissance. Ses 44 chevaux sont peu impressionnants en comparaison par exemple des 34 d’une 250 YZF de cross d’origine. Et si on multiplie ces 44 chevaux par 4, pour obtenir un 1000cc 4 cylindres, on obtient 176 chevaux, ce qui est assez minable. Il faut donc prendre un peu de recul et comprendre où veut en venir Honda.

La puissance de cette NSF250R est délivrée à 13 000 tr/mn, or le règlement accepte 14 500 tours. Cela autorise donc une belle marge de progression, dont les préparateurs moteurs vont profiter. De 44 chevaux à 13 000, il faudra passer à 55 à 14 500, ce qui nous fera alors 220 chevaux au litre, soit la puissance des Superbikes actuelles. Avec d'origine des soupapes en titane et un diamètre de la pipe d'injection de 50 mm, ce n'est pas mission impossible (note : c’est la première fois qu’Honda équipe une moto de production de soupapes d’échappement en titane. La première fois pour les soupapes d’admission, si ma mémoire est bonne, c’était pour la RC30). Et si quelqu'un n'a pas bien compris le message, Yoshiyuki Korayoshi, le "project leader", explique que "le vilbrequin de la NSF250R comporte la grande rigidité et la précision nécessaires aux hauts régimes". Le cylindre bénéficie d’un traitement de surface en Ni-SiC (nickel silicon carbide) et son axe central est décalé de 2 mm par rapport au plan du vilebrequin, ce qui d’après Honda « diminue la résistance entre le piston et le cylindre durant l’application de la pression engendrée par la combustion ». On trouve par contre des solutions techniques très proches de la série, pour ne pas trop perturber certainement les pilotes des championnats nationaux qui découvrent la course, comme par exemple l’embrayage en bain d’huile à la place d’un vrai embrayage de course à sec.

Honda a le mérite de soutenir ses idées – même si la mort du deux-temps ne plait pas à tout le monde - et de proposer une excellente base pour 23 600 euros. On rappellera que le prix maxi d’un moteur de Moto3 est fixé à 12 000 euros par le règlement FIM. Cela laisse une marge confortable, si on compare par exemple avec le Swissauto 250 4-temps, le moteur de kart 250 4-T le plus vendu dans le monde. Basé sur le « Biland SA 250 », conçu à l’origine pour équiper des voitures hybrides, il développait 39 chevaux à 10 000 tours et ne coûtait à sa sortie en 1999 que 2 350 euros hors-taxes.

Quoi qu’il en soit, bravo à Honda de proposer une machine de base de bonne qualité et à un prix raisonnable pour la catégorie. 

Photo : La Honda NSF250R Moto3 filmée à Sugo (image Honda)

Galerie :Illustrations du dossier de presse Honda