Guintoli remplace Capirossi : ''Les pilotes en MotoGP sont les meilleurs du monde et je ne vais pas faire kamikaze.''
Guintoli remplace Capirossi : ''Les pilotes en MotoGP sont les meilleurs du monde et je ne vais pas faire kamikaze.'' Sylvain Guintoli va suppléer Loris Capirossi qui a deux côtes cassées et une épaule déboîtée si celui-ci n'est pas remis pour les Grands Prix d'Allemagne et de Laguna Seca. Il a effectué des tests ce lundi sur la Ducati et il a fait pour nous le bilan de cette journée.  Alors Sylvain, comment s'est passé cette journée d'essai ?

"Pas mal. C'était plutôt une demi-journée en fait, car j'ai roulé sur la moto jusqu'à 15h30 puis c'est Andrea Iannone qui l'a utilisée ensuite. Le premier contact, ou "re-contact", s'est bien passé mais au bout de trois ans il y beaucoup de différences avec la machine que je pilote maintenant : les pneus, la moto, le moteur… Donc au niveau des chronos j'étais un peu loin, mais je me suis fait très plaisir. Qu'est-ce que ça envoie, c'est incroyable !

Il y a tant de différence que ça par rapport à la Ducati que tu pilotais en MotoGP en 2008 ?

"Oui, et ça fait trois ans que je suis en Superbike, ce qui est vraiment différent. Là il y a la puissance, le châssis, les pneus, c'est vraiment une catégorie différente. Je voulais surtout m'y remettre tranquillement, reprendre le rythme, donner les bonnes infos pour le Sachsenring. Ça s'est bien passé, je n'ai pas fait d'erreur. Au niveau chrono, on n'a pas allumé le feu, mais pour une reprise c'était bien.

Concernant le remplacement de Capirossi, qu'a-t-il été décidé avec Pramac ?

"Ils pensent qu'il a très peu de chances qu'il puisse rouler parce qu'il est quand même bien abimé. Pour le Sachsenring, on verra sur place. Au jour d'aujourd'hui, il y a peut-être 90% de chance que je roule. 

Et concernant Laguna Seca la semaine suivante ?

"C'est pareil. S'il ne peut pas faire le Sachsenring, il ne pourra pas faire Laguna. Il va attendre Brno à la mi-août pour être mieux. 

Ça te fait quatre courses en quatre semaines. Ça fait beaucoup, non ?

"En plus en ce moment Caroline est enceinte de huit mois et demi, on déménage, c'est impeccable (rire). On ne s'ennuie pas. 

Tu te retrouves de nouveau avec Randy comme à l'époque de l'Equipe de France, c'est sympa ?

"C'est top. On s'est retrouvés, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vus. On a bien discuté, j'étais content de le revoir. C'est cool. Et puis l'ambiance est super. Je suis arrivé dimanche pour la course, j'étais bien content de retrouver cette atmosphère. Et puis le Mugello c'est quand même du lourd. J'ai passé deux jours vraiment impeccables. 

Quels sont tes objectifs pour les GP d'Allemagne et des USA ?

"Je n'ai pas de pression. J'y vais pour faire une pige. L'objectif est de faire du mieux que je peux. Il faut que je me réadapte à la moto, sans oublier que mon championnat c'est le Superbike. Je n'ai pas envie de venir là pour me fracasser. Les pilotes en MotoGP sont les meilleurs du monde et je ne vais pas venir pour faire kamikaze. L'objectif est que me réadapte à la moto le plus rapidement possible, et si je le sens et que ça veut le faire, dans ce cas pourquoi ne pas faire une perf ? 

Tu te vois revenir en MotoGP de manière permanente dans l'avenir ?

"Ça, on verra. Il est sûr que faire une pige comme celle-là n'est pas facile parce que forcément tu es jugé. On verra comment ça va se passer. Pour le moment, je suis content où je suis.

Préfères-tu une Ducati en mondial Superbike ou une Ducati en MotoGP ?

(éclat de rire) "C'est une bonne question ! Pour être honnête, je ne sais pas. Moi, ça fait deux ans que je me fais plaisir en Superbike, donc il ne faut pas cracher dans la soupe. J'ai un super team cette année, une très bonne moto. Mon objectif actuel est de faire des perfs en Superbike. Après, s'il y a une opportunité pour faire des courses en MotoGP… Ce sont quand même des motos fabuleuses à piloter, donc c'est bien de pouvoir faire ça. Mais moi mon championnat, c'est le Superbike."

Photo : Sylvain Guintoli sur la GP11 au Mugello (image Pramac)