GP de Jerez : Le beurre et l'argent de la mantequilla*
GP de Jerez : Le beurre et l'argent de la mantequilla* L'avidité faisant partie intégrante de la nature humaine, il n'y a pas de raison pour que la compétition moto y échappe. Après le GP du Sachsenring, c'est maintenant au tour de celui de Jerez de la Frontera. Pour bien comprendre ce qui se passe, on rappellera qu'on organisateur de Grand Prix (moto ou F1) loue un circuit, soutenu par les collectivités locales généralement propriétaires des infrastructures. L'argent des contribuables locaux, investi dans l'entretien et le développement du circuit, est rentable grâce aux nombreuses dépenses effectuées dans les commerces locaux par les spectateurs lors de leur venue. Téléphonez par exemple à n'importe quel hôtel du Mans pour savoir combien coûte une chambre pour la nuit de samedi à dimanche lors des 24H auto et vous comprendrez l'intérêt du système.
 
Une course diffusée à la télé est également un élément de promotion pour la ville, la région ou même le pays. Sinon qu'iraient faire les GP au Qatar devant des tribunes vides, ou la F1 à Bahreïn et Abu Dhabi, sans même parler de Monaco ? 
 
A Jerez, tous les ans les surenchères marquent le début de l'hiver. Il a fallu faire des travaux il y a quelques années pour mettre le circuit aux normes en matière de sécurité. Il reste encore environ 45 millions d'euros à payer aux entreprises de travaux publics qui s'en sont chargées et qui aimeraient bien voir les sous arriver, surtout dans la situation actuelle en Espagne. Les créanciers sont FCC, Caixa Catalunya et la Mairie de Jerez.
 
Le circuit ne peut pas payer (il n'a que des dettes), l'organisateur du GP d'Espagne Two Wheel Promotions estime que ce n'est pas à lui de le faire, et selon le système expliqué au début de cet article c'est aux collectivités locales de mettre la main au portefeuille. Madame la mairesse de Jerez María José García-Pelayo est d'accord, mais à condition de monter sa participation à hauteur de 32% dans le capital de Cirjesa, une entreprise publique appartenant à la mairie et au gouvernement régional, et responsable de la gestion du circuit.
 
Bref le Grand Prix n'a rien craindre, la poule aux œufs d'or va rester en bonne santé, mais les bagarres politico-financières n'ont pas fini de secouer l'Andalousie.

* beurre, en espagnol
 
Illustration © Circuito de Jerez