GP d'Espagne MotoGP : Rossi embarque Stoner et Lorenzo replonge dans sa mare
GP d'Espagne MotoGP : Rossi embarque Stoner et Lorenzo replonge dans sa mare C'est une course à grands rebondissements qui s'est déroulée aujourd'hui, puisque la moitié du plateau est allée manger des graviers (Rossi, Stoner, Simoncelli, De Puniet, Abraham, Crutchlow, Spies, Edwards), laissant la voie libre à Lorenzo (Yamaha) pour s'imposer pour la seconde année d'affilée sur le circuit andalou. Pedrosa (Honda) et Hayden (Ducati) complètent le podium. Après un départ canon de Stoner (Honda Repsol) et un départ raté de Randy de Puniet (Ducati Pramac), qui se fait une belle équerre au lâcher d'embrayage, le show à rebondissements était lancé sur le circuit espagnol.

Au 3e tour, Marco Simoncelli crée la surprise en s'emparant pour la première fois de la tête d'une course MotoGP, devant Stoner, Lorenzo et Rossi. Ce dernier, parti de la 12e position sur la grille, attaque Lorenzo au 7e tour, puis menace la seconde place de Stoner. Il lui fait l'intérieur au virage n°1, mais perd l'avant et emporte avec lui l'Australien. Les deux pilotes relèvent immédiatement leurs motos. Pendant qu'une demi-douzaine de commissaires aident Rossi à repartir, Stoner les invective pour qu'ils viennent l'aider aussi. En vain, sa Honda a calé et il ne peut repartir repartir. Rossi reprend la piste avant-dernier (15e). L'hécatombe ne fait que commencer.

Au 10e tour, Pedrosa, exceptionnellement mal parti, attaque Spies pour la 4e place, puis Hayden pour la 3e. Dovizioso, qui était 6e, fait un tout droit. Randy de Puniet est remonté à la 8e place malgré son départ raté.

Au 12e tour, nouveau rebondissement de taille : le leader de la course Marco Simoncelli chute, offrant sur un plateau la tête de la course à Lorenzo. Pedrosa est donc second, tandis que Spies prend la troisième place à Hayden.

Au 16e tour, Randy part à son tour au tapis. Puis c'est Abraham qui suit le même chemin, tandis que Dovizioso fait un arrêt imprévu à son stand pour changer de pneu arrière.

Au 19e tour, chute de Cal Crutchlow, qui occupait alors une superbe 5e place.
Au 24e tour, c'est Ben Spies qui chute alors qu'il venait de s'emparer de la seconde place de Pedrosa. Colin Edwards passe Hayden et se retrouve troisième. Mais une panne électrique de sa pompe à essence contraint le Texan à laisser filer cet inattendu podium.

Au final, douze pilotes seulement sur dix-sept rallieront l'arrivée, mais avec des écarts conséquents, puisque Lorenzo passe la ligne d'arrivée avec 19 secondes d'avance sur Pedrosa, qui en a lui-même dix sur Hayden et Aoyama, très bon quatrième. Malgré sa chute, Valentino Rossi termine à une inespérée 5e place. Idem pour Abraham et Cructhlow qui ont pu repartir et marquer les points des 7e et 8e places. John Hopkins est 10e, derrière Elias et devant Loris Capirossi, qui doit passer des examens mardi prochain pour des problèmes de tendinite à l'épaule.

Avec cette victoire, Jorge Lorenzo prend bien entendu les rênes du championnat (45 points) devant Dani Pedrosa (36 points) qui sauve bien les meubles de son début de saison avant d'aller se faire opérer de l'épaule et tenter de revenir en meilleure forme au Portugal, dans quatre semaines.

A propos des pneus, la plupart des pilotes se sont plaints de n'avoir qu'un seul type de pneu pluie à leur disposition. Les pneus tendres apportés par Bridgestone étaient complètement détruits à l'arrivée : "Les conditions d'aujourd'hui étaient les plus compliquées qu'on pouvait avoir, car la piste s'asséchait à certains endroits et il restait des flaques à d'autres, et le circuit de Jerez est très abrasif. Le grip est donc parti au fur et à mesure que le circuit séchait" explique Masao Azuma, ingénieur en chef Bridgestone. Valentino Rossi reconnait qu'il serait mieux d'avoir deux choix de pneus pluie : tendre et medium.

Jorge Lorenzo (1er) : "ça a été l'une des courses les plus patientes de ma carrière. C'est une grande victoire et nous en avions besoin. C'est aussi la première fois que je gagne sous la pluie, toutes classes confondues ! Le roi d'Espagne m'avait dit qu'il me porterait chance après notre rencontre à Madrid en février, et il avait raison ! Avec le niveau de compétition qu'il y a cette année, je ne pensais pas du tout être leader du championnat après deux courses. Mais nous devons encore améliorer notre moto."

Dani Pedrosa (2e) : "Ce fut une course très difficile. Au départ, j'ai perdu beaucoup de places car je glissais, et j'ai pensé que ma course était réglée. J'étais nerveux, mais lorsque j'ai vu que je pouvais faire de bons chrono, ça m'a remis en confiance. Il fallait être très concentré car la moindre faute menait à la chute. Les chutes des pilotes m'ont donné la force de résister. A cause de ma blessure, ça a été encore un week-end difficile, mais rouler sous la pluie m'a aidé car c'est moins exigeant physiquement que de rouler sur le sec. Partir de Jerez avec la 2e place, après la 3e place au Qatar, est tout simplement incroyable. Vendredi, on réfléchissait si ça ne valait pas mieux le coup de ne pas faire la course et de me faire opérer au plus vite. Nous ne sommes qu'à 9 points du leader du championnat et c'est un écart intéressant avant d'aller à Estoril. Mais pour le moment, l'heure est à l'opération. Personne n'aime se faire opérer, mais j'ai hâte d'en finir avec la douleur et de retrouver toute ma forme."

Nicky Hayden (3e) : "En début de course, la moto avait beaucoup de grip, mais à la fin de la course, le pneu avant était complètement détruit. Tout était question de concentration, et je dois dire qu'à la fin, j'étais vraiment à l'arrêt tellement on roulait sur des oeufs. La piste changeait à chaque virage car c'était parfois mouillé, parfois sec, et il fallait changer de trajectoire à chaque fois. Mais je suis très heureux d'être sur le podium et même si le début de saison n'a pas été facile, on prend tout ce qu'on peut prendre."

Valentino Rossi (5e) : "Cinquième est plutôt un résultat positif... sur le sec, mais pas sur le mouillé, où il y avait moyen que je remporte ma première victoire ou que je monte sur mon premier podium avec la Ducati. Dès mes premiers tours de roue avec la GP11 sur le mouillé, la moto était très bonne. Concernant l'accident avec Stoner, j'ai fait une erreur. J'étais peut-être tellement excité de décrocher un bon résultat que j'ai freiné trop tard. C'est une réaction humaine, ça peut arriver. Je suis désolé et je suis allé m'excuser auprès de lui dès que je suis descendu de la moto... avec le casque, car je ne sais pas quelle serait sa réaction (rires). Il m'a dit quelque chose, mais je n'ai pas compris ("Aujourd'hui, ton ambition a dépassé ton talent", ndlr). Je comprends qu'il soit en colère. Quoi qu'il en soit, j'ai pu repartir car j'avais gardé l'embrayage et ma moto n'a pas calé. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour lui. En ce qui concerne mon épaule, elle ne m'a posé aucun problème aujourd'hui car sur le mouillé, le pilotage est toujours moins contraignant que sur le sec. On peut dire qu'aujourd'hui, j'étais à 100% et ça montre quel résultat on peut obtenir quand je serai complètement remis."

Casey Stoner (chute) : "J'ai fait un bon départ et la moto était très bien dans les premiers tours. Puis les pneus ont commencé à glisser un peu, et je me suis dit qu'il fallait les conserver au cas où il se mette de nouveau à pleuvoir. Je voulais vraiment avoir l'occasion de me battre avec les pilotes espagnols sur le sec, et j'étais très déçu qu'il pleuve. Mais nous sommes compétitifs sur le sec et sur le mouillé, et c'est le plus important, surtout sur un circuit qui ne m'a jamais souri par le passé. Lorsque j'ai entendu arriver Valentino, je n'étais pas inquiet qu'il me passe et je lui ai laissé plein de place. C'est un incident de course, et il n'y a pas grand-chose à dire. Mais ce qui est le plus frustrant, c'est la réaction des commissaires de piste qui ont tous aidé Valentino, mais pas moi. C'est incroyable !"

Marco Simoncelli (chute) : "Quelle déception ! J'ai perdu l'avant au virage n°1 et la moto m'a éjecté. ça arrive... mais même si je suis très déçu, je suis heureux d'avoir montré encore une fois que j'étais un client cette année. La chose la plus frustrante de la journée a été de voir que les commissaires ne m'ont pas aidé à repartir, alors qu'ils l'ont fait pour d'autres pilotes. La moto n'avait pas de dommages et si j'avais eu de l'aide, je suis sûr que j'aurais quand même pu faire une bonne course. Le bon résultat n'est pas loin."

Randy de Puniet (chute) : "J'ai fait un mauvais départ et j'ai été relégué en queue de peloton. J'ai réussi à bien remonter, puis j'ai rencontré de gros problèmes avec l'avant. Pour ne rien arranger, j'ai perdu le bouton du traction control. J'étais sur des oeufs, 3-4 fois par tour, je perdais l'avant, et je ne suis jamais ressorti du virage n°10. C'est vraiment frustrant, et j'ai hâte d'être à Estoril pour concrétiser enfin notre potentiel."

Le classement de la course MotoGP :

Pos. Points Num. Rider Nation Team Bike Km/h Time/Gap
1 25 1 Jorge LORENZO SPA Yamaha Factory Racing Yamaha 141.0 50'49.046
2 20 26 Dani PEDROSA SPA Repsol Honda Team Honda 140.1 +19.339
3 16 69 Nicky HAYDEN USA Ducati Team Ducati 139.7 +29.085
4 13 7 Hiroshi AOYAMA JPN San Carlo Honda Gresini Honda 139.6 +29.551
5 11 46 Valentino ROSSI ITA Ducati Team Ducati 138.2 +1'02.227
6 10 8 Hector BARBERA SPA Mapfre Aspar Team MotoGP Ducati 137.9 +1'08.440
7 9 17 Karel ABRAHAM CZE Cardion AB Motoracing Ducati 137.7 +1'14.120
8 8 35 Cal CRUTCHLOW GBR Monster Yamaha Tech 3 Yamaha 137.4 +1'19.110
9 7 24 Toni ELIAS SPA LCR Honda MotoGP Honda 136.4 +1'42.906
10 6 21 John HOPKINS USA Rizla Suzuki MotoGP Suzuki 136.2 +1'48.395
11 5 65 Loris CAPIROSSI ITA Pramac Racing Team Ducati 136.0 +1'51.876
12 4 4 Andrea DOVIZIOSO ITA Repsol Honda Team Honda 133.6 1 Lap
Non classés
    5 Colin EDWARDS USA Monster Yamaha Tech 3 Yamaha 140.0 1 Lap
    11 Ben SPIES USA Yamaha Factory Racing Yamaha 141.3 3 Laps
    14 Randy DE PUNIET FRA Pramac Racing Team Ducati 140.3 11 Laps
    58 Marco SIMONCELLI ITA San Carlo Honda Gresini Honda 143.9 16 Laps
    27 Casey STONER AUS Repsol Honda Team Honda 144.0 20 Laps

Photo : Jorge Lorenzo a refait son plongeon dans la mare aux canards (PSP Marc Robinot)