Fabien Foret : ''Comment j'ai gagné à Imola''
Fabien Foret : ''Comment j'ai gagné à Imola'' Revenons avec Fabien sur cette fabuleuse victoire et comment il a vécu cette course. Commençons par les essais. La plupart des pilotes ont été en peu plus vite en qualif qu'en  course - Florian (Marino) par exemple est passé de 1'51.7 à 1'52.4 et c'est le cas pour à peu près tout le monde – mais toi tu es passé de 1'53.056 à 1'52.059, c’est-à-dire que tu as gagné une pleine seconde entre le samedi et le dimanche. Pourquoi ?

"Tout simplement parce que je suis tombé pendant les essais chrono à environ 15 minutes de la fin de la séance et je n'ai donc pas eu l'occasion de faire un chrono "décent". Je pense que je me serais approché du meilleur temps que j'ai fait en course si je n'étais pas tombé. 

Dans le tour où tu es tombé, tu avais 8 millièmes d'avance sur le meilleur temps à l'issue du premier intermédiaire…

"Oui, mais le meilleur temps n'était pas encore basé à ce moment-là sur 1'51.5. Réaliser un chrono moyen m'a bien mis la rage ! Puis on a trouvé un setting intéressant au warm up. On a même changé un peu ensuite dans la même direction pour la course. Ça s'est avéré positif, même si en début de course j'ai mis un certain temps à cerner la moto et à comprendre ses réactions qui étaient très nouvelles par rapport au début du week-end.

Tu pars 12e sur la grille, tu es 11e à l'issue du premier tour, puis 6e à la fin du 10e tour à 12.4 du premier. A ce moment-là, personne ne t'attend.

"Non, ils ne m'attendent pas, et je vois alors que l'écart se stabilise. Je commence alors à prendre la pleine mesure du setting de ma moto. Donc je ne préoccupe pas trop de l'écart, et je pousse simplement au maximum le potentiel de ma moto et de moi-même. Dans les tours qui suivent, je vois que l'écart se réduit légèrement. Ça me donne des ailes pour bien finir, sachant que la fin de course est quand même généralement un de mes points forts. Mais franchement je ne m'attendais pas à ce moment-là à gagner, d'autant plus que je voyais qu'un pilote avait pris le large loin devant. J'en déduisais que Davies s'était échappé, mais je pensais surtout à optimiser mes chronos et mon rythme.

Revenir sur le groupe des 4 qui était devant toi semblait possible en raison de ton rythme, mais par contre pour aller doubler successivement Parkes, Rea, Marino et Lowes, c'était un gros morceau quand même ?

"(rire) Oui, surtout qu'il n'est pas très simple de doubler à Imola. Malgré tout je suis revenu tellement vite sur eux que j'étais dans un autre rythme. J'ai alors choisi de temporiser pendant deux, trois tours parce que j'avais besoin de respirer un peu. J'avais fait un gros effort pour rentrer sur eux. Ensuite je les ai passés et j'ai gardé un bon rythme dans les deux derniers tours pour éviter toute attaque.

Parkes, Rea, Marino, Lowes, lequel a été le plus difficile à doubler ? 

"Aucun… Peut-être Lowes parce que ça a été le dernier à doubler, et celui qui semblait en mesure d'accélérer un peu le rythme. Mais je n'ai pas eu beaucoup de résistance. Tant mieux !

Sur tes 13 victoires en championnat du monde Supersport, comment situes-tu celle-là ?

"Dans le top 5 définitivement, et pas loin du podium. Mais je ne pense pas que ce soit ma meilleure. J'ai de bons souvenirs de Misano, ou de Phillip Island avec la Kawa.

Comment se présente Magny-Cours ce week-end ?

"Bien. Le temps a l'air d'être au beau fixe et c'est un circuit qui ne me déplait pas. Ce n'est pas mon circuit préféré, loin s'en faut. J'y ai toujours eu de petits soucis qui ont fait que je n'ai pas été tellement performant, mais c'étaient de petites chutes ou de petits pépins plutôt qu'un circuit qui ne me réussissait pas. Donc je suis assez confiant et je vais aborder ce week-end comme celui d'Imola, en privilégiant le plaisir et sans me soucier du championnat ou du reste." 

Photo : Fabien sur le podium d'Imola (© Ten Kate Racing)