Edwards aux 8 H de Suzuka :« Valentino, calme-toi, c’est de l’endurance ». Il s’est bourré au 11e tour. »
Edwards aux 8 H de Suzuka :« Valentino, calme-toi, c’est de l’endurance ». Il s’est bourré au 11e tour. » Voici quelques morceaux choisis de la suite de l’interview accordée à Dean Adams et Susan Haas, du site internet superbikeplanet.com par Colin Edwards. Valentino ?

C’est en étant son coéquipier aux 8 H de Suzuka que j’ai pris conscience de son potentiel. Je l’avais vu à la télé et sur le bord de la piste, mais partager la même moto c’est différent. Quand tu le vois aller vite, encore plus vite, ça met les choses en perspective. Aux 8 H, je me suis dit : « Ce fils de p… est vraiment rapide. » C’était notre première année ensemble. Il avait une vitesse incroyable, phénoménale, une grosse attaque. Je lui ai dit, je ne sais pas combien de fois, « Mec, c’est une course d’endurance, il va falloir que tu roules 4 heures. » « Oh, okay, okay » m’a-t-il répondu. Et il s’est bourré au 11e tour. « Mec, c’est de l’endurance, ce n’est pas un crash test. » La deuxième année, ça s’est bien passé. 

Valentino chez Ducati ?

Ca va être intéressant. Je ne parierai jamais ni contre lui, ni contre Ducati. Valentino, mais aussi tous les gars de son équipe avec lui. J’ai roulé derrière lui lors des tests et il avait l’air doux, pilotant comme s’il était sur une Yamaha. Il avait l’air tout à fait identique… avec la moto d’une autre couleur. Je n’avais jamais vu une Ducati pilotée comme une Yamaha. Mais elle bougeait plus qu’une Yamaha. Il va lui falloir faire quelques ajustements pour arriver dans la même zone.

Jorge Lorenzo ?

Il est rapide. Tu le suis, il est simplement rapide. Toujours. Il freine bien. Il a une vitesse de passage en courbe démentielle. Je pense qu’il a trouvé un réglage de base qui lui convient bien. Il roule, puis ils modifient peu de choses. On connait ses réglages car on est l’équipe sœur. Il en change assez peu. Il reste dans une gamme assez réduite et c’est lui qui s’adapte à la moto. Il va rouler 10 ou 12 tours puis rentrer au stand. « C’est bon, ne changez rien, j’y suis presque. » Puis il refait une dizaine de tours. « OK, c’est tout bon. »

L’électronique ?

J’aimerais qu’ils suppriment toute l’électronique sur les motos. Ce serait super. Mais je doute qu’ils ne le fassent jamais… Ca séparerait clairement les hommes des gamins. Je discutais récemment avec des copains non-motards. Ils disaient des trucs du genre « Dude, c’est un monstre de 200 chevaux ! » et je leur répondais « tout ce que j’ai à faire, c’est de freiner et de tourner, car quand j’accélère la machine fait tout pour moi. » Bien sûr, c’est plus compliqué que ça, mais ça a supprimé le plaisir de jouer et la fumée qui sort du pneu arrière. C’est en dehors de nos mains désormais.


Photo : Figure de style en 2006