DIVERS : Les courses moto de retour sur le Paul Ricard
DiversDIVERS : Les courses moto de retour sur le Paul Ricard Le circuit Paul Ricard, au Castellet, recevait le week-end dernier ses premières courses moto depuis la vente du circuit il y a 12 ans et sa refonte totale par le gourou de la F1, Bernie Ecclestone. Ce premier coup d'essai fut une réussite et le Castellet devrait très rapidement accueillir d'autres courses moto majeures. C'est dans le cadre de "L'Evénement Moto", une manifestation qui regroupe un village d'exposition, une bourse "classique", des sessions de roulage pour le public, et des démonstrations d'anciennes, que le circuit Paul Ricard a accueilli le week-end dernier les Protwin, la Twin Cup et le Trophée de France Roadster. Sport-Bikes y était et a interviewé les principaux acteurs de ce retour des courses moto au Castellet.

Pour commencer, nous avons pu discuter des différences entre l'ancien et le nouveau tracé avec le pilote toulonnais Louis Luc Maïsto (ancien pilote de GP500, de WSBK, d'Endurance et de FSBK), qui a signé la pole position en Protwin et remettait ses roues sur son circuit fétiche pour la première fois en douze ans. Depuis 1999, où il participait à la dernière course d'Open Superbike et à l'ultime Bol d'Or au Castellet, le circuit a-t-il beaucoup changé ?
"Je n'avais plus mis un pied sur le circuit du Castellet depuis 1999. Je suis rentré à nouveau dans l'enceinte du circuit pour la première fois au mois de février dernier. Il y a des endroits qui demeurent les mêmes et d'autres qui ont complètement changé et qu'on ne reconnaît plus, comme le paddock. Où l'on gare nos camions aujourd'hui, c'était les "S" de Méjanes avant ! Le 3,3 km qui existait avant a été supprimé pour garder le 3,8 km qui avait été fait au milieu des années 90 pour accueillir les GP de France Moto et F1 (car le règlement imposait alors que les circuits fassent plus de 3,5 km). Le tracé qu'on utilise aujourd'hui est le même, sauf le virage du "pif-paf" supprimé. Il ne reste que le "gauche", il n'y a plus le "droite". Le virage de la Tour et du Pont ont aussi été changés, ils ont été refermés. Je les préférais avant. Mais ce qui a le plus changé visuellement, ce sont les bandes rugueuses de couleurs qui remplacent les bacs à graviers. Je n'ai pas encore "testé" les bandes, mais il vaut mieux se râper un peu que de terminer sa course dans un obstacle. Lors des premiers tours, on pense que le circuit est complètement différent, mais une fois qu'on s'est habitué aux bandes, le circuit est quasiment le même, sauf les trois virages qui changent. On se fait aussi plaisir qu'avant, et il est sécurisant.
Ça reste toujours un superbe circuit, surtout le 5,8 km avec la longue ligne droite du Mistral, qui existe toujours. Et puis pour nous, c'est le seul vrai et beau circuit du sud-est."


Yani Todisco, pilote Protwin "sudiste" également, a gagné la toute première course du Castellet "nouvelle génération", au guidon de sa Ducati 1098 R préparée par Speed Twin. C'est donc lui qui détient le premier record officiel du circuit en moto, en 1'26"270.
"C'est mythique de gagner ici douze ans après sa fermeture, même si je n'avais jamais roulé sur le circuit du Castellet auparavant. C'est un circuit mythique, mais je ne suis pas fan du tracé, surtout le petit. Je le trouve trop plat et sans technicité. J'aurais préféré rouler sur le grand, avec la chicane. En ce qui concerne les bandes rugueuses, elles permettent de prendre un peu plus de risques au freinage, car on peut faire une goutte d'eau si on est trop optimiste. Maintenant, ça ne donne pas trop envie non plus de les tester, même si elles font certainement moins de dégâts que les bacs à graviers."

Ces bandes rugueuses, justement, ont reçu l'aval de Serge Ferrer, le directeur de course dépêché par la FFM : "Je suis agréablement surpris car l'inconnue était ces fameuses bandes rugueuses. On s'est finalement aperçu qu'il y avait beaucoup plus de dégâts matériels et physiques avec les bacs à graviers. Sur les bandes, les motos glissent au lieu de faire des rouler-bouler, et les pilotes ont davantage "d'échauffements" que de fractures. Et en cas de loupé, ils peuvent redresser leur moto et tirer tout droit. Les pilotes se sentent plus en sécurité. Finalement, ça a été un week-end sage, même si ça a roulé vite, avec assez peu de chutes, même si on ne peut pas faire un ratio avec les Promosport ou le FSBK. Il faudrait quelques épreuves de plus pour vraiment avoir un retour d'expériences.  Quant à savoir si le circuit est prêt à accueillir d'autres épreuves, je ne suis pas promoteur, mais directeur de course. Le circuit est en tout cas très demandeur, très à l'écoute, et le relationnel a été excellent tout le week-end avec les gens du circuit."

Pour Stéphane Clair, le directeur du circuit Paul Ricard, le bilan de ce premier week-end de courses moto au Castellet est plutôt positif, même si son organisation ne fut pas chose aisée.
"Nous sommes très contents, car pour nous c'était un peu un test pour savoir si nous pouvions accueillir à nouveau la moto. Pour la partie circuit, nous n'étions pas inquiets. Le plus compliqué a été d'avoir un nombre suffisant de commissaires de piste, car c'est une "denrée rare" aujourd'hui. Il faut savoir que les commissaires sont des bénévoles passionnés qui viennent passer la journée en bord de piste, de 6h du matin à 19h le soir. Mais grâce au Moto-Club du circuit, nous avons réussi à rassembler et à former un nombre suffisant de commissaires. Les gens avaient tellement envie que les courses moto reviennent au Castellet qu'on a pu former 85 commissaires.
Les pilotes ont l'air d'être contents, le public (20 000 spectateurs) aussi, et ça nous donne beaucoup d'espoirs pour la suite. Maintenant que nous sommes prêts, nous allons pouvoir accueillir, je l'espère, des compétitions de plus en plus importantes. Nous sommes d'ores et déjà en discussion avec la FFM pour accueillir une manche du championnat de France en 2013, et également avec la FIM pour organiser une Endurance. Pour les autres courses internationales (MotoGP, WSBK), c'est plus compliqué pour des raisons de calendrier, du fait qu'il y a déjà des courses organisées en France, et que beaucoup de pays sont demandeurs, donc il est difficile de rajouter une date en France. On est très sollicité par contre pour accueillir des courses d'anciennes et on va même créer une piste de Supermotard en septembre."


Pas de doute, le Castellet se rouvre bien à la moto. Mais n'espérez pas pour autant y voir bientôt revenir une course comme le Bol d'Or. Si le circuit est bel et bien en discussion pour y organiser une Endurance, ça ne sera probablement pas sur le format 24 heures, qui n'est plus adapté au lieu et qui ne serait plus non plus au goût de la Préfecture…

Crédit Photos : Philippe Perelle




Le public est venu nombreux

Le départ de l'une des deux courses Protwin

Les ''Protwineurs'' en pleine attaque sur le Ricard