CRT : Le MotoGP rencontre Ikéa
CRT : Le MotoGP rencontre Ikéa Ce titre évocateur et un brin humoristique de Matteo Aglio pour "gpone.com" met en valeur l'intérêt pour cette nouvelle catégorie qui, à défaut de battre les records du tour, a beaucoup fait parler d'elle lors des récents tests de Jerez. Ces CRT ont été loin d'être ridicules, et même ceux qui, comme Randy de Puniet, y sont allés "à reculons" et à défaut d'autre chose au début, retrouvaient le sourire au fur et à mesure que leurs chronos se rapprochaient des machines prototypes des teams satellites. Randy a terminé sa journée dominicale 0.022 derrière Karel Abraham, sur une moto qui vaut beaucoup moins cher que celle du sympathique tchèque, avec en plus la possibilité de la revendre un bon prix en fin d'année contrairement à la GP12 qui devra faire le voyage retour vers Borgo Panigale à l'issue de son année de location. Premier des CRT à 1.821 de Stoner, c'était un Randy radieux qui déclarait dimanche soir : "Je suis très heureux de voir que cette moto a autant de potentiel et que nous allons pouvoir faire de belles choses cette année."
 
La principale surprise a été la troisième place en Claiming Rules Teams de Danilo Petrucci sur la Ioda de l'équipe de Giampiero Sacchi. Pointé à 3,1 secondes du meilleur chrono de Casey Stoner, Petrucci bénéficiait du soutien technique que toute l'ancienne équipe de Max Biaggi en Superbike. Celle-ci connait par cœur la RSV4 qu'elle suit, développe et règle depuis trois ans, précisément en compétition depuis le 27 février 2009 à Phillip Island. Cette expérience bien sûr est nettement supérieure à celle de l'équipe de Jorge Martinez qui découvre l'ART. Quel est la valeur intrinsèque du pilotage de Danilo Petrucci et son influence sur la performance ? Une telle évaluation est toujours difficile et souvent injuste. On rappellera donc simplement qu'en 2011 Danilo disposait d'une des quatre Ducati 1198R en Coupe FIM Superstock 1000 et qu'il termina deuxième derrière Davide Giugliano (absent de la dernière course à Portimão qu'il disputait en catégorie Superbike) avec 7 podiums dont 4 victoires en 10 courses. C'était mieux, à matériel égal, que Niccolo Canepa et Lorenzo Baroni, mais moins bien que Giugliano. Si l'on veut comparer avec Randy de Puniet, on dira simplement que Petrucci est encore loin des trois qualifications consécutives du Français en première ligne du MotoGP, à Silverstone, Assen et Barcelone en 2010.
 
La moins bonne surprise, ce fut la difficile 17e place de Colin Edwards, à 3,2 secondes de Stoner. C'est tout près de la Ioda dont il est question ci-dessus, mais l'Italienne est neuve alors que la Suter-BMW du Texan roule déjà depuis un bon moment. On peut également envisager que "Texas Tornado" soit un peu plus véloce que "Petrux".  "Mais nous avons les mains liées dans le dos, a expliqué Colin. Nous ne pouvons rien faire. En fait, il faudrait d'autres points d'attache pour fixer le moteur dans le cadre". La fixation avant est en haut du bloc 4 cylindres, sur le devant. Ça, l'équipe d'Eskil Suter ne peut pas y faire grand-chose, et seul un nouveau carter avec des points de fixation adaptés permettrait de régler le problème. Mais fabriquer un carter moteur coûte une petite fortune et BMW, qui dépense déjà généreusement en mondial Superbike, n'est peut-être pas pressé de régler maintenant une telle facture. Il est toutefois presque certain que la "cellule MotoGP" du constructeur allemand étudie le problème et proposera tôt ou tard un devis à sa direction.
 
Photo : Yonny Hernandez et Danilo Petrucci (© motogp.com / Dorna)