Colin Edwards : « Il y a de bons pilotes qui proposent de rouler en MotoGP gratuitement. Ce sont des crétins. »
Colin Edwards : « Il y a de bons pilotes qui proposent de rouler en MotoGP gratuitement. Ce sont des crétins. » Avec Colin, on ne s’ennuie jamais. Ceux qui étaient au GP de France à la rencontre entre les pilotes et le public s’en rappellent encore, quand Edwards adressa une supplique à la foule pour trouver une fiancée à son coéquipier Ben Spies.
Colin est toujours en grande forme, et il a accordé une interview bien épicée à Dean Adams et Susan Haas, du site internet superbikeplanet.com. En voici quelques morceaux choisis.

Il a été question l’été dernier que tu pilotes une Ducati Superbike d’usine en 2011. C’est vrai ?

Oui. Je suis allé les voir à Bologne, un jour avant le GP d’Allemagne. On était d’accord à peu près sur tout. On n’a rien signé, c’était plutôt pour s’évaluer mutuellement. Je suis mon propre manager et ça a donc été facile : assez rapidement, on s’est mis d’accord sur les chiffres, les termes du contrat, ce genre de trucs. On n’a rien mis sur papier, mais presque. Puis ils m’ont dit : « On n’est pas sûrs de rester. » Ils me l’ont dit en face. « Ne compte pas sur nous. On peut ne pas rester. On aimerait rester. Si on reste, c’est toi qu’on veut. » Avec Valentino qui arrivait, ça diminuait grandement leurs ressources, mais en même temps à cette époque ils étaient à fond pour continuer en Superbike. Mais ils avaient besoin d’un changement de règlement. Celui-ci n’est manifestement jamais arrivé et ils ont juste dit : « Zut. On ne va pas courir dans un championnat qu’on ne peut pas gagner. »

Je voulais aller en Superbike car en MotoGP plus personne n’a d’argent. Ca fait ch… Plus personne n’a d’argent. C’est fou. Il y a de bons pilotes qui proposent de rouler en MotoGP gratuitement. Ce sont des crétins. Ces abrutis pourrissent tout pour les autres. Personne n’a beaucoup d’argent et quand ils (ndlr : les constructeurs, les teams) pensent qu’ils peuvent avoir un pilote égal, ou d’un calibre légèrement inférieur, ils se disent : « Il ne fera peut-être rien cette année, mais bon, on n’a pas à le payer. Super, signez-le ! » Et il vit avec ses contrats de bottes, casque et cuir. C’est ridicule. Mais bon, c’est partout pareil dans le monde entier, quand les temps son durs tu baisses ton prix.

Tu as testé une Moto2. Ca t’a plu ?

J’avais l’impression d’être comme un chimpanzé sur un ballon de football ! Faut être petit pour monter là-dessus. Mon but n’était pas de mettre le feu à la piste, même pas de faire un bon chrono, c’était juste pour voir l’équilibre. Takahashi roulait avec un avant très mou et de Rosa avec un avant très dur. Leurs ressorts étaient à l’opposé. On s’est dit qu’il y avait un problème. Bien sûr, les styles de pilotage sont différents, mais il faut au moins une base. C’est ce que j’ai essayé de trouver. 

Mais il n’y a pas de puissance. Donc pas de transfert de masse, donc pas de réglage parfait à 100%. Ces 600, quand tu coupes lez gaz, tu as l’impression qu’il y a un parachute qui s’ouvre derrière toi et qui te ralentit. Finalement, je pense qu’on a trouvé un bon équilibre. Le nouveau châssis semble bon.

L’embrayage n’a pas l’air très évolué. C’est réel ?

J’ai eu du mal. Je n’avais pas utilisé une telle m… depuis longtemps. En fait, tu ne sais jamais, c’est le plus gros problème. Tu rétrogrades, un petit coup de gaz, tu embraies, mais tu ne sais pas si tu es en prise ou non. Tu remets doucement  les gaz et alors, "rrrmmmmm," ça accroche et ça tire. Mais, mon gars, tu as occasionnellement une surcharge du sphincter (sphincter overload) car tu ne sais pas. C’est arrivé à beaucoup de pilotes. On a pu voir que certains, qui avaient du mal en début de saison, s’amélioraient à mi-saison et roulaient bien en fin d’année. En fait, il faut juste se débarrasser de cette question de surcharge du sphincter et avoir confiance en ce système. »