Claude Michy, promoteur du GP de France : ''Il faut essayer de préparer l'avenir avec l'arrivée du Moto3 et un Team France''
Claude Michy, promoteur du GP de France : ''Il faut essayer de préparer l'avenir avec l'arrivée du Moto3 et un Team France'' Il y a une personne à qui nous, les amateurs de compétition moto, peuvent dire merci. C'est Claude Michy, l'organisateur de ce GP. Il ne faut pas oublier qu'avant qu'il ne prenne les choses en main, il n'y avait plus de Grand Prix de France. Il a fallu un homme de sa trempe pour que cet exceptionnel GP 2011 ait lieu et il a droit à un grand merci, un grand respect… et une petite interview. Claude, quel est ton bilan d'ensemble du Grand Prix de France ?

"Le bilan est positif. Tout s'est bien passé, sportivement parlant. Il y a eu de belles courses, ce qui était très important. Ça s'est bien passé au niveau de l'affluence et aussi pour la météo. Il faut aussi rester raisonnable et voir tout ce qu'on a à améliorer pour l'année prochaine. 

Le fait d'avoir 88 400 spectateurs le dimanche, d'après la Dorna, pour toi c'est plutôt une surprise ou la réponse à une attente ?

"On a une épreuve qui grandit chaque année et qui progresse. A partir de ce moment-là, on est dans une situation qui a été amplifiée par l'absence des 24 Heures, qui sont désormais en septembre, donc l'intérêt s'est peut-être accru. Nous, on a une approche différente avec la gratuité jusqu'à 16 ans, donc il y a une clientèle assez jeune, assez familiale, il faut qu'on essaie de conserver cette esprit et faire attention à ne pas nous retrouver avec des gens au comportement un peu plus délicat.

88 400 spectateurs, tous sports confondus, c'est un résultat exceptionnel …

"Les jeunes de moins de 16 ans ne sont pas comptabilisés dans ce chiffre. En réalité, il y avait entre 95 et 97 000, ce qui fait que tous sports confondus, ce qu'a dit Jacques Bolle, Président de la Fédération Française de Moto, il y a peu de manifestations avec un titre d'accès payant qui atteignent ces chiffres là.

Combien de personnes travaillent à l'organisation du Grand Prix de France ?

"A pleine charge, sur la journée de dimanche, plus de 1 500 personnes. 

Tu as signé jusqu'en 2016. Manifestement tu es content de la Dorna et la Dorna est contente de toi ?

"On vit ensemble depuis 94. On s'est fiancé, marié, et là on a fêté les noces (rire).

Le divorce n'est pas proche alors…

"On ne sait pas, on ne sait pas, il faut toujours se méfier. 

Pas avant 2016 en tous cas…

"Non, non.

Au niveau du spectacle, en MotoGP ça a été super avec par exemple le podium de Valentino Rossi.

"Au départ du MotoGP, j'ai crains que la course soit un peu insipide. Mais finalement les faits de course, la belle bataille pour deux-trois-quatre était belle et il y a eu aussi une belle bagarre un peu plus loin pendant de nombreux tours. Donc je pense qu'aussi revoir Rossi sur un podium avec la Ducati, quand il était heureux comme un enfant de 16 ans qui gagne sa première course, c'était génial. 

Par contre, en MotoGP, les bagarres sont très échelonnées, parce que le cinquième termine à 30 secondes, le dixième termine à une minute, sur 28 tours ça fait de gros écarts.

"On est dans une fin de génération de motorisation. Tout ça va se retrouver très rapproché l'année prochaine, comme un peu le Moto2 maintenant.

Au niveau du spectacle magnifique, on a eu la première victoire de Maverick Viñales en 125 et celle de Marc Maquez en Moto2. L'éclosion de ces jeunes talents est-elle pour toi une satisfaction personnelle ?

"C'est sûr que de voir arriver des jeunes, c'est très important et j'espère que les jeunes Français en feront bientôt partie. La course de Zarco est fantastique. Dommage qu'il manque son départ car après il revient avec les premiers. C'est un vrai potentiel. Il faut essayer de préparer l'avenir avec l'arrivée du Moto3 et d'un Team France pour permettre à des jeunes de préparer l'avenir. 

Tu as déjà une idée par rapport à çà, tu y participerais ?

"Oui, l'idée est déjà en cours, effectivement (sourire)

Ce week-end, tu as été champion de France des tracasseries administratives, quand on voit tous les problèmes qu'il y a eu pour octroyer simplement un couloir aérien à la Patrouille de France, ça n'a pas dû être simple ?

"Je pense qu'on est dans un pays qui devient de plus en plus compliqué dans ce domaine là. C'est vrai pour tous les organisateurs d'évènements sportifs. Il serait bon de réfléchir et que tous les services de l'Etat soient plus des facilitateurs que des empêcheurs. Là, il va vraiment falloir trouver des solutions. On rentre dans un système difficile. Quand on a la chance comme nous d'avoir un évènement majeur, on peut élever la voix, mais je pense à tous ceux qui ne peuvent pas l'élever. 

Te sens-tu épanoui après un tel triomphe ?

"Non, non, je n'ai pas changé. Ce n'est pas un triomphe, d'ailleurs. C'est le travail d'une équipe compétente et efficace. Que ce soit chez Dorna, chez l'Automobile Club de l'Ouest ou chez nous. C'est le résultat du travail. Le travail est récompensé. Maintenant, je n'assimile pas ça du tout à un triomphe. J'ai l'impression que je me suis levé comme la veille, comme il y a huit jours. Quand j'ai couru à midi, je n'avais pas changé (rire)."

Photo : Claude Michy.